Vos réactions

Mais quel faschisme?

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Sylvain Rondeau (toopty@hotmail.com)
Envoyé Le mardi 06 décembre 2005 07:00



J'avoue sincèrement exprimer un certain malaise concernant les déclarations tenues par des ténors libéraux à l'endroit de Gilles Duceppe. Bien que n'était pas affilié au Bloc Québécois, j'ai toujours trouvé que cette formation représentait un modèle de société inclusif, tolérant, démocratique et progressiste. Quelle ne fut donc pas ma surprise de voir Jean Lapierre et Pierre Pettigrew soutenir la thèse que le discours tenu par le chef du bloc était apparenté au nazisme!

Ayant été auxiliaire pédagogique dans le milieu universitaire pendant des années où j'avais entre autres tâches, d'accompagner de futurs bacheliers dans l'analyse de plusieurs courants de pensée politique incluant le nazisme et le fascisme je considère bien connaître les caractéristiques majeures de ces deux idéologies. De plus, au cours des dernières années comme animateur culturel, il m'est arrivé souvent de participer à des programmes de sensibilisation aux horreurs de la guerre en faisant référence au second conflit mondial et en collaborant avec le ministère des anciens combattants. À ce titre, j'ai introduit plusieurs jeunes et moins jeunes aux tenants de ces idéologies destructrices et je crois fermement que les ténors libéraux devraient se faire rappeller quelques points.

Le nazisme a comme principales caractéristiques la fonte de l'individualisme au sein de la Nation, le rejet du parlementarisme, l'anti syndicalisme, l'antisémitisme, l'eugénisme et le militarisme. Si l'on analyse le discours tenu par monsieur Duceppe depuis son entrée sur la scène publique, nous y retrouverons des principes tels que la sociale démocratie, le pluriculturalisme, le pacifisme, l'attachement à la démocratie et le progressisme. Nous sommes loin, mais donc très loin de "Mein Kampf"!

Il est regrettable que certains politiciens, tous partis politiques confondus, aient recours à une basse rhétorique cherchant à déshumaniser l'adversaire. Bien que monsieur Duceppe fit preuve de zèle, nous étions loin des discours de Nuremberg. Messieurs Pettigrew et Lapierre auraient-ils si peur de perdre leur siège qu'ils se sentent obligés de pratiquer le détournement de la vérité? J'en appelle à leur intégrité intellectuelle et leur demande en tant que citoyen concerné de la qualité du débat devant entourer le choix du futur gouvernement de corriger leur tir et de s'attaquer davantage aux programmes de leurs adversaires plutôt que de se lancer dans des attaques puériles et calomnieuses.

Et j'ajouterait en finissant une autre petite révision historique pour monsieur Pettigrew... Maurice Duplessis était un conservateur au plan social et un pur libéral au sens économique. Nous sommes loin des positions défendues en chambre par le Bloc Québécois au cours des 12 denières années!

Lorsque l'on manipule l'information, que l'on détourne la vérité et que l'on brime les lois au sein de l'intérêt national c'est là que l'on se rapproche du fascisme...

Sylvain Rondeau
Historien et animateur cultuel en milieu muséal et scolaire.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com