Garderies: Harper préfère envoyer un chèque aux parents

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Clairandrée Cauchy
Édition du mardi 06 décembre 2005

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Le vote des jeunes familles est âprement disputé en cette deuxième semaine de campagne. Les conservateurs ont proposé hier de mettre la hache dans le Programme national de garderies mis sur pied par les libéraux pour verser plutôt directement des chèques aux familles. Le Parti libéral annoncera quant à lui aujourd'hui une bonification du programme pour l'ouverture de places en garderies.

Plutôt que de financer les provinces pour qu'elles développent leur réseau de garderies, à l'image de celui déjà en place au Québec, les conservateurs s'engagent à verser 1200 $ directement aux familles pour chaque enfant de moins de six ans, afin qu'elles choisissent elles-même comment faire garder leurs enfants.

«Les parents pourront dépenser cet argent comme ils l'entendent. Vous pourrez choisir l'option de garde qui répond le mieux aux besoins de votre famille», a déclaré le chef conservateur Stephen Harper, qui faisait campagne en Ontario.

En vertu de cette proposition -- qui n'est pas sans rappeler celle de l'Action démocratique du Québec --, ce sont 10,9 milliards sur dix ans qui seraient transférés directement aux parents, peu importe qu'ils fassent garder leurs enfants par une gardienne à domicile, en garderie, ou qu'ils restent à la maison pour prendre soin de leurs tout-petits.

Le plan conservateur prévoit également le versement de 250 millions de dollars par année pour développer des places en garderie. «Ce programme augmentera le nombre de places dans les garderies institutionnelles par une aide en capital aux employeurs et aux communautés», a poursuivi M. Harper.

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux avaient promis d'investir cinq milliards sur cinq ans pour instaurer un réseau de garderie au pays, en concluant des ententes avec les provinces. Selon des sources libérales consultées par La Presse canadienne, Paul Martin annoncera aujourd'hui qu'il double en fait cette mise, en faisant en sorte que le programme s'applique sur dix ans.

Au cours de la dernière année, Ottawa a signé des ententes avec les dix provinces, prévoyant notamment les versements pour la première année. Au Québec, où le réseau des garderies est déjà implanté, les fonds ne serviront pas directement à cette fin, mais serviront à améliorer le sort des familles, au sens large.

Les fonds promis par les conservateurs ne passeraient pas par les provinces. Le PC assure cependant que les ententes déjà conclues pour la première année seraient respectées s'il prend le pouvoir.

«Ce n'est pas un paiement d'un politicien à l'autre, ou aux fonctionnaires comme le veulent les libéraux. C'est un paiement directement aux parents pour qu'ils puissent décider eux-mêmes comment ils veulent élever leurs enfants», a lancé M. Harper, qui a, par ailleurs, fait campagne hier avec son candidat-vedette Allan Cutler dans Ottawa-Sud. Ancien fonctionnaire fédéral, M. Cutler s'est fait connaître en dénonçant le scandale des commandites.

Réactions

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a invité Stephen Harper à respecter les ententes conclues avec le Québec. «Il y a eu une entente avec Québec; cette entente doit être respectée, d'autant plus que c'est clairement de compétence québécoise», a-t-il commenté alors qu'il faisait campagne dans Bourassa.

L'équipe de M. Harper assure que le programme conservateur respectera les ententes déjà conclues (pour la première année) et respectera les compétences des provinces.

Interrogé sur cet engagement de M. Harper, M. Duceppe a dit préférer sa formule. Le Bloc propose l'instauration d'un crédit d'impôt remboursable pour les familles évalué à un milliard de dollars pour l'exercice 2007-2008 et deux milliards en 2008-2009.

Le Bloc québécois souhaite par ailleurs que le fédéral modifie ses règles fiscales pour ne pas pénaliser les Québécois qui bénéficient des services de garde à 7 $. Ailleurs au pays, les parents ont accès à d'importants crédits d'impôts pour frais de garde, que ne peuvent réclamer les utilisateurs des garderies à 7 $. Le Bloc estime que, «par son refus d'adapter sa fiscalité au programme québécois de garderies», le gouvernement fédéral a «confisqué au moins 250 millions aux parents québécois» en 2005, soit une moyenne de 1316 $ par enfant.

De son côté, le chef libéral Paul Martin a défendu l'approche adoptée par son gouvernement pour encourager le développement de réseaux de garderies dans les provinces.

La suggestion de M. Harper démontre, à son avis, la différence entre les visions conservatrice et libérale. «C'est un programme qui donnerait aux citoyens 25 $ par semaine, alors que bien des Canadiens dépensent plus que ce montant par jour en services de garde», a fait valoir M. Martin, qui reproche au plan conservateur de faire fi des enjeux de qualité, d'accessibilité et de développement des services de garde.

Le néo-démocrate Jack Layton a lui aussi décrié la promesse des conservateurs, qu'il assimile à une simple mesure fiscale.

Avec la Presse canadienne et Radio-Canada


Vos réactions


Et c'est beaucoup mieux comme ça - par FARID KODSI (farid.kodsi@sympatico.ca)
Le mardi 06 décembre 2005 23:00

Des chèques aux parents - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mardi 06 décembre 2005 10:00

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