Intégration des immigrants et des réfugiés - Le Bloc veut plus d'argent pour le Québec
Mots clés : bloc, immigration
Une candidate du Bloc aurait été menacée de congédiement par son employeur en raison de son engagement politique

Photo: Jacques Nadeau
«Si on veut s'attaquer au déclin démographique, il faudra avoir les moyens et permettre d'accélérer le jugement de personnes qui sont en attente que leur cas soit réglé. Ces gens ont le droit d'avoir des services sociaux», s'est borné à dire M. Duceppe qui a tenté de passer la balle à la députée Meili Faille, critique en matière d'immigration. Mais, de ce côté aussi, aucune explication n'a été apportée.
La proposition bloquiste se retrouve dans la plate-forme ethnoculturelle dévoilée par M. Duceppe en présence des huit candidats issus de l'immigration qui brigueront les suffrages sous la bannière du Bloc québécois. Une enveloppe de 100 millions représenterait une hausse de 55,5 % de l'enveloppe (180 millions) que reçoit cette année le Québec pour «assurer dans la province une intégration des immigrants respectueuse du caractère distinct de la société québécoise». Cette entente, unique au pays, fait l'envie des autres provinces puisqu'elle accorde un certain contrôle sans qu'il y ait aucune reddition de comptes.
Stephan Reichhold, porte-parole de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, a expliqué avoir mentionné, dès l'élection de 2004, que cette proposition ne tenait pas la route. «C'est une demande incohérente qui ne tient pas compte de l'entente Canada-Québec. Cela discrédite le Bloc dans ce dossier», a commenté au Devoir M. Reichhold.
Par ailleurs, Gilles Duceppe s'est défendu de présenter des candidats issus de l'immigration dans des circonscriptions difficiles à ravir aux libéraux. «Certains m'apportaient ce raisonnement dans Saint-Lambert et Vaudreuil. Et on a vu qu'on a changé les choses», a-t-il souligné.
C'est lors de cette conférence de presse que Gilles Duceppe a appris que la candidate d'origine chinoise May Chiu était menacée de congédiement à cause de ses idées politiques. Mme Chiu fait la lutte à Paul Martin dans la circonscription de LaSalle-Émard. «C'est indigne de procéder ainsi. Il faut respecter les gens quelle que soit leur opinion politique», a affirmé M. Duceppe.
May Chiu est directrice générale du Service à la famille chinoise du Grand Montréal, un organisme qui est subventionné à 80 % par le gouvernement du Québec. Dès que sa candidature a été connue la semaine dernière, le conseil d'administration a convoqué une réunion et a demandé la démission de Mme Chiu. «Des membres du conseil d'administration ont une pensée féodale. Je crois que c'est parce que je lutte pour avoir un espace dans la communauté pour discuter de la souveraineté. Il y a aussi le fait que je suis une femme. [...] Leur réaction est liée au fait que je représente un parti souverainiste», a expliqué May Chiu qui n'entend toutefois pas céder aux pressions. Avocate de formation, Mme Chiu a rappelé qu'il était illégal de congédier quelqu'un pour ses idées politiques.
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