Revue de presse - Un peu de tout
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Murdoch Davis, de Winnipeg, en a assez. Aux lecteurs du très ontarien Toronto Star, il rappelle que l'Ouest n'est pas bleu de part en part. Ce n'est pas parce que notre système électoral déforme le visage politique d'une région en permettant à un parti de dominer indûment qu'il faut donner foi à cette image trompeuse.
Davis secoue nos idées reçues d'une autre manière. Il souligne que les quatre provinces de l'Ouest ne forment pas un bloc monolithique. En Colombie-Britannique, près de 64 % des électeurs ont voté au centre ou à gauche, mais les conservateurs ont arraché presque les deux tiers des sièges. En Saskatchewan, le PC a pris tous les sièges sauf un avec seulement 41,8 % du vote. Et ça continue. En plus, dans l'Ouest comme ailleurs au pays, les libéraux et les néo-démocrates sont populaires dans les grandes villes alors que les conservateurs ont la faveur des petites villes et de la campagne.
Ça ressemble à un plaidoyer pour une réforme électorale et on aurait pu espérer un début de débat hier dans le National Post alors que David Asper, membre de la famille propriétaire du dit journal, invitait les partis à mettre la réforme démocratique à l'ordre du jour. Mais voilà sa liste des choses à changer: accorder plus de pouvoir aux députés d'arrière-banc, la tenue de votes libres aux Communes, la réforme du Sénat, un contrôle parlementaire sur les nominations, le rappel des députés, la tenue de référendum d'initiatives populaires et la tenue d'élections à date fixe. La réforme électorale n'y apparaît pas. De quoi plaire aux libéraux qui ne la souhaitent pas. Malgré tout, Asper insiste sur l'urgence de redonner une voix aux citoyens de plus en plus désabusés en ce qui a trait à la politique.
À ceux qui soutiennent qu'un gouvernement minoritaire est une bonne chose parce qu'il force le parti au pouvoir à faire des compromis, Asper demande d'imaginer ce que feraient pareilles réformes sur tout gouvernement, qu'il soit minoritaire ou majoritaire. Il est persuadé que les citoyens seraient davantage préoccupés par les idées de leurs élus que par leurs pitreries. La démocratie canadienne a besoin d'être renforcée, croit-il, au lieu de la litanie de promesses habituelles, petites mais électoralistes.
On pourrait voir la réforme démocratique comme une autre retombée nécessaire de la commission Gomery, mais celle que n'avaient pas vue venir bien des éminences grises des partis politiques est l'attention soutenue que portent maintenant certains médias au monde des lobbyistes et aux antichambres des partis, rapporte Doug Fischer dans l'Ottawa Citizen. Il évoque cette photo où on voyait Paul Martin, en novembre 2003, entouré de son équipe de transition composée avant tout de lobbyistes. Personne n'en avait fait un scandale. En cette ère post-commandites, il serait impossible de répéter l'exercice sans soulever l'indignation, confie Andrew Stark, un expert en matière de conflits d'intérêt à l'Université de Toronto. La tolérance du public en matière d'éthique s'est resserrée. Les nominations des conseillers et des directeurs de campagne sont scrutées à la loupe pour vérifier l'existence de liens éventuels avec des firmes faisant affaire avec le gouvernement. La transparence a la cote, bien qu'il reste beaucoup de chemin à faire. Fischer constate que les partis font moins appel, cette année, à de l'expertise extérieure et qu'on se tient prêt à répondre aux questions sur les liens entretenus par les lobbyistes venus en renfort.
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Michael Ignatieff n'a pas fait seulement la une du Devoir en fin de semaine. L'Ottawa Citizen lui a réservé trois pages samedi. Un très long texte qui s'intéresse à ses écrits et ses idées, surtout dans le domaine de la politique internationale et des droits de la personne. L'intérêt vient du fait qu'il est rare de nos jours qu'un politicien entre dans l'arène avec autant de bagage intellectuel, relève le journaliste Robert Sibley. Pessimiste, ce dernier s'inquiète. «Ce qui arrivera de ces idées et idéaux qu'il a passé tant de temps à articuler sera un test pour déterminer si l'intelligence fondée sur des principes peut survivre la réalité lilliputienne de la politique canadienne où, semble-t-il, éviter de dire ce qu'on pense et abandonner ses principes sont les exigences essentielles d'une carrière réussie, surtout si on est libéral.»
Chroniqueuse au Citizen, Susan Riley, elle, ne cache pas son agacement devant le parachutage du candidat-vedette, au prix d'un trucage par le parti du processus de mise en nomination. Selon elle, cela équivaut à se moquer de la démocratie. (Ne parlait-on pas de réforme démocratique plus tôt? Ça ne part pas bien.) Riley pense que le parti aurait dû prévoir la résistance des membres d'Etobicoke-Lakeshore, surtout qu'Ignatieff partage son temps entre la circonscription et Boston, vient à peine de s'acheter une propriété au Canada et a affirmé à un journal de Harvard, où il enseigne, qu'il espérait y retourner en cas de défaite. Il dit avoir fait de l'humour. Riley ne trouve pas amusant cette façon d'aborder la politique en dilettante.
Quant aux libéraux, elle se demande jusqu'où ils sont prêts à ignorer leurs principes pour recruter une vedette, le fameux professeur ayant appuyé la guerre en Irak. (À noter que le très pro-Meech Paul Martin a aussi approuvé, pour faire la lutte à Jack Layton, la candidature de Deborah Coyne, la juriste qui a secondé Clyde Wells dans le torpillage du fameux accord.) Les conservateurs ne sont pas mieux, eux qui ont ignoré leur propre règle contre le parachutage en sélectionnant le fonctionnaire dénonciateur Allan Cutler pour le comté d'Ottawa-Sud. «Ce qui est scandaleux dans tout ça est ceci. Si les candidats vedettes sont si spéciaux et supérieurs, pourquoi ne tentent-ils pas d'obtenir leur nomination selon les règles de l'art?»
Pour rire un peu: Sheila Copps nous apprend que l'équipe de Paul Martin avait rebaptisé la TPS, ou GST en anglais, «Get Sheila Tax». Elle ne peut manquer, dans le Toronto Sun, de relever l'ironie de voir la fameuse taxe ressurgir dans cette campagne, mais comme munitions pour les conservateurs de Stephen Harper.
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