Une nouvelle crise financière se profile à l'ONU
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New York -- Une nouvelle crise financière se profile à l'ONU, dont le secrétaire général Kofi Annan s'est élevé hier contre la volonté des États-Unis d'utiliser l'arme du budget pour contraindre l'organisation à se réformer.
Il visait clairement Washington, dont l'ambassadeur, John Bolton, a préconisé le mois dernier que l'ONU soit mise au régime sec des budgets provisoires pour qu'elle accepte enfin une vaste réforme.
Contraint d'annuler jeudi une tournée en Asie, M. Annan a estimé que, si l'ONU était poussée dans cette voie, elle se retrouverait «dans une crise financière».
«Le travail de l'ONU n'est pas la réforme, son travail c'est de mettre en oeuvre les mandats donnés par l'Assemblée générale, le Conseil économique et social, le Conseil de sécurité. Nous ne devrions pas nous lancer dans une initiative qui non seulement mettra la réforme en péril mais aussi les activités en cours et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai décidé de rester ici», a-t-il dit.
Interrogé sur les déclarations de M. Annan, l'ambassadeur américain à l'ONU a répliqué que «le processus budgétaire devait dépendre des réformes et non pas le contraire. Et c'est pourquoi nous avons proposé l'adoption d'un budget provisoire couvrant trois ou quatre mois afin de ne pas chambouler les travaux des Nations unies».
M. Bolton a affirmé qu'il avait lui-même suggéré au chef de cabinet de M. Annan que le secrétaire général reporte à plus tard sa tournée en Asie. «Je suis heureux qu'il en ait décidé ainsi. C'était la bonne chose à faire», a-t-il ajouté.
Mardi, des responsables de l'ONU avaient évoqué le spectre d'une nouvelle grave crise financière de l'organisation si les États-Unis continuent à bloquer l'adoption du budget biennal de l'organisation, qui s'élève à 3,8 milliards de dollars dont 73 millions pour les réformes.
«Il en résulterait de sérieux problèmes de liquidités en 2006», avait averti devant la presse Warren Sach, l'un des responsables financiers de l'ONU.
Le projet de réforme administrative de l'ONU vise à instaurer de meilleures pratiques de gestion et une plus grande transparence dans le fonctionnement de l'organisation après de récents scandales ayant mis en évidence des erreurs de gestion et des malversations, notamment dans le programme «Pétrole contre nourriture» en Irak.

