Le syndicat du Wal-Mart de Saint-Hyacinthe veut un arbitre

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François Desjardins
Édition du mardi 29 novembre 2005

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Les négociations en présence d'un conciliateur ont donné lieu à d'importants progrès, mais le syndicat du magasin de Wal-Mart à Saint-Hyacinthe a demandé au ministre du Travail de nommer un arbitre pour prendre le dossier en charge. Il s'agit d'une première étape en vue de l'imposition d'une convention collective.

La succursale de Saint-Hyacinthe, qui compte 200 employés, est syndiquée depuis janvier 2005. Environ 90 % de l'éventuelle convention collective est réglée, a indiqué hier un responsable syndical des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC-FTQ). Les 10 % restants représentent des éléments de nature financière. Le conciliateur proposait d'en discuter aujourd'hui, mais Wal-Mart aurait annoncé son refus dès le milieu de la semaine dernière. Aucune autre séance n'est prévue.

«Le conciliateur a envoyé au ministre, vendredi dernier, un rapport selon lequel il n'y a pas de possibilité d'en arriver à une entente par voie de convention collective entre les parties», a indiqué au Devoir hier le président du Conseil québécois des TUAC-FTQ, Yvon Bellemare. «Le même jour, on a fait une demande au ministre pour qu'il nomme un arbitre.»

Les raisons expliquant le présumé refus de Wal-Mart demeurent inexpliquées. Interrogé à ce sujet, le porte-parole du détaillant a dit que la date du 29 novembre était de nature conditionnelle. De toute manière, a précisé Yanik Deschênes, le détaillant «ne souhaite pas négocier sur la place publique». La direction de Wal-Mart reconnaît avoir été avisée de la demande d'un arbitre, mais M. Deschênes n'a pas voulu s'avancer dans l'interprétation de ce geste.

Yvon Bellemare s'attend à ce que le ministre Laurent Lessard réagisse rapidement à la demande syndicale. «Pour le dossier de Jonquière, le délai avait été d'une semaine alors on prévoit quelque chose d'assez court», a-t-il dit.

La nomination d'un arbitre à Jonquière, où la compagnie se plaignait de problèmes financiers, avait eu lieu le 9 février au matin. En après-midi, la direction de Wal-Mart annonçait que le magasin allait fermer ses portes. Pourrait-on se diriger vers le même scénario à Saint-Hyacinthe? Le syndicat préfère garder espoir. «N'oubliez pas qu'on peut continuer à essayer de s'entendre devant l'arbitre», a dit Yvon Bellemare. «On n'est pas obligé d'aller chercher une imposition de convention. Les parties ne sont pas énormément loin l'une de l'autre.»

De son côté, Yanik Deschênes a dit que les deux situations sont différentes. «Jonquière c'était une chose, et Saint-Hyacinthe c'en est une autre. À Jonquière, l'entreprise a tout fait pour sauver le magasin. [...] Ça ne veut pas dire automatiquement que ce qui est arrivé là-bas va aussi se passer à Saint-Hyacinthe.»


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