Automobile - General Motors devra innover pour se redresser

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Reuters
Édition du lundi 28 novembre 2005

Mots clés : gm

GM a annoncé lundi dernier la suppression de 30 000 emplois et la fermeture de quatre usines en Amérique du Nord dans le cadre d'un vaste plan de restructuration.

Photo: Agence Reuters

Detroit -- Dans une industrie où «le produit est roi», General Motors doit absolument se doter de nouveaux véhicules attrayants pour redresser la situation, estiment les analystes, qui pensent généralement que son programme de suppressions d'emplois et de fermetures d'usines n'enrayera pas ses lourdes pertes.

Le premier constructeur automobile mondial a annoncé lundi dernier la suppression de 30 000 emplois et la fermeture de quatre usines en Amérique du Nord dans le cadre d'un vaste plan de restructuration. «Je ne pense pas que ces suppressions soient suffisantes, mais la question n'est pas là. Il s'agit plutôt de savoir si le groupe créera ou non la culture d'innovation dont a besoin GM pour sortir de sa chute libre», estime l'analyste Charles Fleetham, expert du secteur.

GM doit composer avec les prix élevés des matières premières et de ses dépenses sociales, alors qu'il perd des parts de marché aux États-Unis et que les ventes de ses puissants 4x4 pâtissent de l'envolée des prix de l'essence.

Au cours de cette seule année, le constructeur a déjà perdu quatre milliards de dollars et la valeur de son action a diminué de plus de 40 %.

Parmi ses futurs modèles figurent une nouvelle version de la Chevrolet Tahoe, la Cadillac Escalade et les GMC Yukon et Yukon Denali. Ces quatre véhicules, qui sortiront au premier trimestre 2006, sont tous des 4x4 de grosse cylindrée. «La composition de la gamme 2006 est révélatrice de la réflexion à court terme de GM, poursuit Charles Fleetham. Elle correspond plus à l'état d'esprit qui régnait en 1999 qu'aux besoins actuels. Le consommateur de 2006 fait attention à l'environnement, aux économies de carburant et au style.»

Bob Lutz, vice-président du développement mondial des produits, a déclaré l'année dernière que son objectif était de redresser les activités automobiles de GM en faisant en sorte que ses véhicules soient «les meilleurs de la classe» et puissent concurrencer les modèles les plus prisés du public, où que ce soit dans le monde.

«Les Japonais ont vraiment construit leur réputation de qualité sur de petites voitures», commente l'analyste Jim Sanfilippo, de Automotive Marketing Consultants. «À l'inverse, les Américains ont du mal à fabriquer des petits véhicules. Ils construisent depuis des années des voitures atrocement non concurrentielles et ont perdu deux à trois générations de consommateurs. Ce ne sera pas facile à rattraper.»

La future gamme de 2006 et 2007 inclut toutefois des véhicules de loisirs (SUV) dits «tout chemin», c'est-à-dire dérivés de voitures particulières et donc plus légers et moins gourmands en carburant que les 4x4 dérivés d'utilitaires. Ces nouveautés seront vendues sous les marques GMC, Buick et Saturn. «Ce sera un élément positif, car une migration est actuellement en cours du 4x4 traditionnel vers des véhicules qui procurent la même impression tout en étant moins gros. C'est un débouché pour tous ceux qui ne veulent plus de VUS», observe Jim Sanfilippo.

«Je pense que la gamme 2006 est solide», estime Michael Robinet, du cabinet de consultants et de recherche CSM Worldwide. «Si nous pouvons maintenir les prix du carburant à 2 $US le gallon, je pense que GM se hissera au sommet du marché des VUS et des gros pick-ups».

Scepticisme

Chez Goldman Sachs, l'analyste Robert Barry n'est pas du même avis. Il observe que les constructeurs asiatiques sortiront au cours des prochaines années une cascade de nouveaux modèles dont l'attrait risque d'empêcher le redressement des activités nord-américaines de GM. «L'avenir de GM sera probablement caractérisé par un cycle douloureux de restructurations, de baisses de rentabilité et de nouvelles restructurations», dit-il.

Quant aux agences de notation, elles se montrent elles aussi sceptiques. Standard & Poor's a déclaré lundi dernier que ses notes concernant GM resteraient sous surveillance en raison de ses pertes de marché, des perspectives de vente et de tarification de ses véhicules et enfin de l'incertitude relative à sa stratégie de réduction des coûts.

De même, Fitch Ratings a déclaré que le géant américain de l'automobile devrait aller au-delà du plan de restructuration annoncé lundi. Même si le constructeur atteint à la fin 2006 les économies de sept milliards de dollars attendues de son programme, cela ne suffira pas à lui rendre un cash flow positif, a déclaré au cours d'une conférence téléphonique Mark Oline, directeur exécutif de Fitch.

L'agence a réduit sa note concernant GM à B+ le 9 novembre et la maintient sous surveillance négative. La branche financière General Motors Acceptance a été maintenue à BB.


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