Conférence sur les autochtones - Tout n'est pas réglé malgré les cinq milliards

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PC
Édition du samedi 26 et du dimanche 27 novembre 2005

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Le premier ministre Paul Martin a annoncé hier l'intention de son gouvernement d'injecter 5,1 milliards en cinq ans pour améliorer les conditions de vie des autochtones, mais, faute de temps, Ottawa, les provinces et les chefs autochtones devront poursuivre les négociations en matière de santé, d'éducation et de logement.

À son arrivée à la conférence fédérale-provinciale sur les affaires autochtones, jeudi, le premier ministre du Québec, Jean Charest, avait souligné l'importance de profiter de l'événement pour «départager les rôles et les responsabilités» des deux ordres de gouvernement à l'égard des autochtones.

La manque de clarté actuel fait en sorte que les Premières Nations, les Inuits et les Métis, surtout ceux qui vivent à l'extérieur des réserves, ne savent pas à qui s'adresser pour résoudre leurs problèmes.

Or le communiqué final reporte à plus tard la définition précise des responsabilités de chaque gouvernement. Même chose pour la répartition des futurs investissements fédéraux entre les provinces, les territoires et les communautés autochtones: il faudra conclure des accords tripartites, ce qui pourrait prendre des années, avant que les améliorations promises prennent forme.

Jean Charest s'est néanmoins dit «satisfait» des résultats du sommet. Après tout, c'est à la suite des pressions de la délégation québécoise qu'Ottawa a accepté de laisser ouverte la question du partage des responsabilités. De plus, le plan dévoilé hier ouvre la porte à un financement fédéral pour les services que les provinces offrent déjà -- ou offriront éventuellement -- aux communautés autochtones, qu'elles vivent ou non dans des réserves.

Le premier ministre Paul Martin a assuré que les délais inhérents aux négociations ne nuiront pas à l'atteinte des objectifs sur lesquels se sont entendus le fédéral, les provinces et les chefs autochtones.

Pourtant, ces objectifs sont fort ambitieux. Quelque 1,8 milliard, en cinq ans, iront à l'éducation. On veut notamment accroître de 22 000 le nombre d'autochtones qui réussissent leur cours secondaires et de 15 000 ceux qui obtiennent des diplômes collégiaux ou universitaires.

En santé, les nouveaux investissements totaliseront 1,3 milliard sur cinq ans. On ambitionne ainsi de réduire de 20 % en cinq ans, et de 50 % en 10 ans, les disparités qui existent entre les autochtones et les autres Canadiens en matière de mortalité infantile, de suicide chez les jeunes, d'obésité des enfants et de diabète. À l'heure actuelle, le taux de mortalité infantile chez les Premières Nations dépasse de près de 20 % la moyenne canadienne.

Sur le plan du logement, le gouvernement fédéral s'engage à verser 1,6 milliard de plus.


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