À voir à la télévision le vendredi 2 décembre - Caompagnons d'armes, et de sang

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André Lavoie
Édition du samedi 26 et du dimanche 27 novembre 2005

Mots clés : guerre

Certaines batailles perdues peuvent ouvrir la voie à de grandes victoires. C'est en partie ce que raconte Glory (1989), d'Edward Zwick (Courage Under Fire, The Last Samourai), le récit d'un pan méconnu de la guerre civile américaine. À l'époque, la situation ne manquait pas d'ironie: le Nord se battait contre le Sud pour la fin de l'esclavagisme, mais les militaires nordistes, eux, envisageaient mal que des soldats noirs puissent rejoindre leurs rangs. Pourtant, la détermination d'une poignée d'entre eux, bien sûr dirigés par un Blanc, allait modifier le cours d'une guerre sanglante et, avec le temps, leur place au sein de l'armée américaine.

Traumatisé par les violences au front et de retour à Boston pour soigner ses blessures, le jeune colonel Robert Gould Shaw (Matthew Broderick) devra vite mettre en application ses profondes convictions abolitionnistes. On lui confie la

charge de diriger le 54e régiment d'infanterie du Massachusetts, entièrement composé de Noirs, hommes libres du Nord et anciens esclaves du Sud. Pleins de bonne volonté mais sans expérience, l'ensemble apparaît comme une véritable curiosité, traité avec un mépris à peine voilé -- pour le même boulot, ils reçoivent moins que leurs compagnons de race blanche. Pourtant, après bien des efforts et quelques actes de rébellion (une de ces têtes fortes est interprétée par Denzel Washington, qui obtint pour ce rôle son premier Oscar), le régiment, en ce funeste 18 juin 1863, va, dans le sang, marquer l'histoire.

Ce combat, contre des forces puissantes et pour une certaine reconnaissance sociale, semble d'une cruelle injustice. Au milieu de ce carnage, c'est la dignité d'hommes courageux qui triomphe. Tout cela est scruté par le regard émerveillé du colonel -- le scénario de Kevin Jarre est en partie basé sur sa correspondance, entre autres avec sa mère -- et, bien sûr, donnera froid dans le dos à l'ennemi. Leur sacrifice deviendra une inspiration, entre autres pour les 200 000 militaires de race noire qui suivront leurs traces.

Cinéma / Glory
Historia, 22h


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