Futur campus - Ouverture sur la ville
Mots clés : uqam, campus
Stratégies d'insertion dans la « trame urbaine »
Une toute petite balade, empruntant un sentier piétonnier situé en bordure du boulevard Maisonneuve, suffira peut-être un jour à relier les deux parties du campus de l'Université du Québec à Montréal. C'est du moins une des propositions présentement sur la table.En effet, on estime que le déficit d'espace s'établit présentement à environ 40 000 mètres carrés nets, et si rien n'est fait d'ici 2009, ce déficit aura grimpé à plus de 51 000 mètres carrés nets. «C'est même une hypothèse conservatrice», précise Nicola Buono, directeur des investissements à l'UQAM.
La situation actuelle
L'actuel campus de l'UQAM occupe deux lieux: le quadrilatère formé par les rues Berri et Hôtel-de-Ville et les boulevards René-Lévesque et de Maisonneuve forme le campus est. Le campus ouest est délimité par le quadrilatère formé par les rues Sherbrooke, Jeanne-Mance et Saint-Urbain et l'avenue du Président-Kennedy.
C'est sur le campus est qu'on retrouve les deux plus anciens pavillons, soit le pavillon Judith-Jasmin et le pavillon Hubert-Aquin, qui constituent toujours le centre névralgique de l'UQAM. Le pavillon Judith-Jasmin, qui intègre le clocher de l'ancienne église Saint-Jacques, est doté d'une place centrale intérieure. On y trouve des lieux de diffusion telles les salles Marie-Gérin-Lajoie et Alfred-Laliberté ainsi que la galerie de l'UQAM. La faculté des arts et la faculté des lettres, langue et communications y logent.
Abritant la faculté des sciences sociales et la faculté de science politique et de droit, le pavillon Hubert-Aquin contient trois bibliothèques: la bibliothèque centrale, la bibliothèque des arts et celle des sciences juridiques. On y trouve aussi la cafétéria principale du campus.
Depuis, d'autres pavillons ont été construits dont, entre autres, le pavillon Thérèse-Casgrain, le pavillon des sciences de l'éducation et le pavillon des sciences de la gestion et celui de la musique. L'UQAM a aussi procédé, au fil des ans, à l'acquisition de plusieurs édifices dans le secteur. Au total, le campus compte 17 pavillons et six des sept facultés de l'université s'y trouvent. Malheureusement, certaines facultés sont réparties dans plus d'un pavillon.
Le campus ouest, que l'on nomme aujourd'hui le Complexe des sciences, abrite la faculté des sciences. Outre les pavillons déjà existants sur le site, tels le pavillon Sherbrooke, le pavillon Président-Kennedy et le pavillon de chimie et biochimie, le campus ouest compte maintenant de tout nouveaux immeubles, dont le pavillon des sciences biologiques, une résidence étudiante et un pavillon institutionnel où logera TELUQ. On a aussi rénové les anciens bâtiments du site, tel l'édifice Kimberly, pour y abriter le Coeur des sciences, un lieu voué à la diffusion et à la promotion des sciences.
«À toutes fins pratiques, le Complexe des sciences est prêt, explique Nicolas Buono. Ne reste plus qu'à aménager les étages supérieurs selon les besoins de nos locateurs.» En effet, la location d'espace dans ces nouvelles constructions représente une source de revenu pour l'UQAM.
Nouveaux chantiers
Si le nouveau Complexe des sciences permet à l'UQAM d'y concentrer ses activités scientifiques, il ne permet pas toutefois de combler le déficit en espace. D'autres projets verront le jour d'ici 2008. Parmi ces derniers, il y a l'agrandissement du pavillon V, situé à l'angle des rues Sainte-Catherine et Hôtel-de-Ville ainsi que le réaménagement de son proche voisin, l'édifice La Patrie.
Par contre, le plus imposant projet est le complexe immobilier qui sera construit sur l'îlot Voyageur, tout à côté de la Grande Bibliothèque du Québec. Ce complexe immobilier, d'une superficie d'environ 17 000 mètres carrés nets, comprendra un pavillon universitaire, des résidences étudiantes, un édifice à bureaux, et intégrera le terminus d'autobus. La faculté de science politique et de droit quittera le pavillon Hubert-Aquin afin de s'y loger.
«En libérant ainsi de l'espace dans Hubert-Aquin, ça nous permet d'agrandir la bibliothèque centrale, ce qu'on ne pouvait pas avant, souligne M. Buono. De plus, en réaménageant l'occupation des pavillons, cela nous permet de moins éparpiller nos facultés et de donner à nos pavillons une identité plus claire.»
Les pavillons Judith-Jasmin et Hubert-Aquin subiront aussi une cure de rajeunissement. En plus de l'agrandissement de la bibliothèque, on projette de réaménager et moderniser la place centrale du pavillon Judith-Jasmin. On envisage aussi ouvrir les deux pavillons sur la rue Saint-Denis et d'y loger au rez-de-chaussée commerces et cafés-terrasses. «C'est une façon pour nous de mieux s'insérer dans la trame urbaine.»
Une présence urbaine
S'il y a des avantages à la présence d'une université au centre-ville -- on pense notamment à la proximité des services et du transport en commun --, il y a aussi des désavantages: le campus peut se fondre dans la trame urbaine et passer presque inaperçu. L'UQAM envisage de remédier à la situation en rehaussant la signalisation, par exemple en utilisant des oriflammes et en indiquant clairement l'entrée des pavillons. «On pourrait aussi éclairer de nuit le clocher de l'église Saint-Jacques.» On veut aussi verdir le campus et le rendre plus convivial par la création de petites places extérieures munies d'un lien Internet sans fil.
Autre projet: créer un lien entre les deux campus le long du boulevard Maisonneuve. Étant donné que la distance entre les deux campus n'est que de 11 minutes à pied, on pense aménager un sentier piétonnier en bordure du boulevard, ce qui implique par contre d'empiéter légèrement sur le site des Habitations Jeanne-Mance. «Nous n'avons aucune visée sur les terrains des Habitations Jeanne-Mance, tient à préciser Nicolas Buono. Mais les baux arrivent à terme, et s'il y a un redéploiement du projet, nous aimerions bien y collaborer.»
Projets d'avenir
Malgré les projets récents, comme le Complexe des sciences, et ceux à venir à court terme, comme l'îlot Voyageur, l'UQAM demeura encore aux prises avec un déficit d'espace et, par conséquent, devra trouver d'autres lieux pour continuer son expansion.
Un de ces lieux est le terrain vacant situé autour de la station de métro à l'angle de la rue Ontario et du boulevard Saint-Laurent. «Le terrain appartient à la Ville de Montréal et nous leur avons clairement indiqué notre intérêt.»
Un second lieu que lorgne l'UQAM est l'îlot Balmoral, voisin du Musée d'art contemporain. Le gouvernement du Québec songe à y construire la salle de concert de l'OSM ainsi que des édifices à bureaux. «Le gouvernement cherche présentement un promoteur privé pour le projet et nous avons spécifié que nous sommes intéressés à faire partie, d'une façon ou d'une autre, de ce développement immobilier.» De toute façon, là ou ailleurs, l'UQAM n'a pas d'autre choix que d'augmenter sa présence au centre-ville de Montréal.
Collaborateur du Devoir
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