Gaz à effet de serre - Le grand responsable, c'est l'homme

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AP
Édition du vendredi 25 novembre 2005

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Washington -- Il y a plus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère aujourd'hui qu'à aucun autre moment au cours des 650 000 dernières années, montre une nouvelle étude européenne, qui souligne le rôle de l'homme dans l'accumulation des gaz à effet de serre jugés responsables du réchauffement climatique.

L'étude menée par le programme européen Epica (European Project for Ice Coring in Antarctica), qui paraît aujourd'hui dans la revue Science, a porté sur l'analyse de minuscules bulles d'air conservées dans la glace de l'Antarctique pendant des millénaires.

Ces travaux remarquables promettent d'améliorer «de manière spectaculaire» notre compréhension sur le changement climatique, estime le spécialiste Edward Brook, de l'Université de l'Oregon, aux États-Unis.

Les taux de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres gaz à effet de serre (GES), qui sont émis notamment par la combustion des énergies fossiles, sont passés de 280 parties par million (ppm) il y a deux siècles à 380 ppm aujourd'hui dans l'atmosphère, contribuant à un réchauffement progressif du climat.

La nouvelle étude réfute catégoriquement l'hypothèse avancée par certains selon laquelle la progression des GES serait le résultat d'un cycle naturel. Les chercheurs ont extrait des profondeurs de l'Antarctique de l'air remontant à 650 000 ans, ce qui permet une analyse directe de l'atmosphère de l'époque. Une précédente analyse des GES portait sur un échantillon datant de «seulement» 440 000 ans.

Le taux de CO2 dans l'atmosphère, qui continue à grimper, est déjà 27 % plus élevé que son niveau le plus haut durant tous ces millénaires, a souligné le directeur des recherches, Thomas Stocker, de l'Université de Berne, en Suisse. «Nous ne sommes plus dans un cycle naturel aujourd'hui», assure-t-il.

En outre, l'augmentation actuelle du taux de CO2 se produit à un rythme beaucoup plus rapide «que tout ce que l'on peut observer dans les cycles naturels», poursuit M. Stocker.

L'équipe de chercheurs, qui comprend des scientifiques français et allemands, a découvert des résultats similaires pour le méthane et d'autres GES.


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