Martin se donne dix ans pour changer le sort réservé aux autochtones
Mots clés :
Avec quatre milliards, le premier ministre veut mieux les instruire, les soigner, les loger et accroître leurs revenus

Photo: Agence Reuters
«Les descendants des premiers habitants de ce territoire doivent avoir une chance égale de contribuer à notre richesse collective et en tirer les bénéfices», a déclaré M. Martin, en présence des chefs autochtones et des premiers ministres provinciaux.
«Aujourd'hui, la majorité d'entre eux ne jouissent pas des avantages de notre prospérité à cause des disparités aux chapitres de l'éducation, des soins de santé et du logement, et en raison de possibilités d'emploi limitées», a-t-il admis.
Le premier ministre a ensuite donné les grandes lignes du plan d'action qu'il doit dévoiler aujourd'hui -- et qui prévoira une injection de quatre milliards de dollars en 10 ans.
«Entendons-nous aujourd'hui pour rompre avec le passé et adopter une nouvelle approche», a-t-il proposé.
Paul Martin s'est engagé, s'il est réélu, à mettre sur pied «un réseau scolaire pour les Premières Nations qui relèvera de leurs compétences, en collaboration avec les provinces».
De plus, les libéraux entendent créer des bourses d'études destinées aux autochtones et aux Métis qui veulent aller au collège ou à l'université.
«Notre but est de combler complètement le fossé sur le plan de l'obtention d'un diplôme secondaire d'ici les 10 prochaines années et de réduire l'écart au niveau postsecondaire de moitié», a-t-il indiqué.
Concrètement, on parle de 22 000 diplômés de plus au secondaire et de 15 000 de plus aux niveaux collégial et universitaire.
Santé
Dans le domaine de la santé des autochtones, le gouvernement fédéral ne se montre pas moins audacieux: il veut réduire de 20 % en cinq ans, et de 50 % en 10 ans, les disparités qui existent entre les autochtones et les autres Canadiens en matière de mortalité infantile, de suicide chez les jeunes, d'obésité des enfants et de diabète. À l'heure actuelle, le taux de mortalité infantile chez les Premières Nations dépasse de près de 20 % la moyenne canadienne.
Ottawa compte aussi, au cours des 10 prochaines années, faire doubler le nombre de professionnels de la santé. Actuellement, on ne compte que 150 médecins et 1200 infirmières autochtones.
M. Martin a reconnu que les fonds promis l'automne dernier pour la santé des autochtones n'ont pas été versés assez rapidement. «Ce ne sera plus le cas à l'avenir», a-t-il juré.
Mais le gouvernement fédéral doit d'abord trouver un terrain d'entente avec les provinces, de qui relèvent les services de santé.
Eau et logement
Pour améliorer la qualité souvent médiocre de l'eau dans les communautés autochtones, les libéraux s'engagent à adopter une nouvelle réglementation et à continuer de bâtir de nouvelles installations.
Côté logement, le premier ministre croit pouvoir réduire la pénurie actuelle de 40 % d'ici cinq ans et de 80 % d'ici 10 ans. À l'extérieur des réserves, Ottawa ambitionne de fournir des logements à pas moins de 17 000 ménages au cours des cinq prochaines années. Dans le Grand Nord, la cible est de 1200 nouvelles unités de logement.
«On prévoit que nos efforts généreront, au cours des dix prochaines années, plus de 15 000 emplois, ce qui représente 150 000 équivalents temps plein», a annoncé Paul Martin.
Développement économique
Pour favoriser l'essor économique des autochtones, le gouvernement fédéral souhaite fournir à plus de 250 communautés un accès haute vitesse à Internet d'ici les cinq prochaines années.
Puis, en tablant sur la prévision que les Premières Nations géreront davantage leurs terres et leurs ressources à l'avenir, M. Martin se dit convaincu qu'il sera possible de réduire de moitié, en cinq ans, l'écart existant entre le revenu médian d'emploi chez les autochtones et les autres Canadiens.
Pour s'assurer que les milliards promis produisent des résultats, Ottawa promet de faire des suivis étroits. En outre, l'Assemblée des Premières Nations s'engage à créer les postes d'ombudsman et de vérificateur général des Premières Nations.

