Prêtres et séminaristes condamnés à rester au placard

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AFP
Édition du jeudi 24 novembre 2005

Mots clés : pape

Washington -- Une association américaine de prêtres actifs dans la communauté homosexuelle a dénoncé hier la nouvelle «instruction» du Vatican, qui juge les homosexuels inaptes au sacerdoce, estimant qu'elle conduira à plus de refoulement.

Ce texte «va pousser des prêtres et séminaristes homosexuels à se cacher encore plus, ce qui entraînera plus de dégâts personnels et spirituels, tant pour eux que pour ceux qu'ils servent», estime Francis DeBernardo, directeur exécutif de l'association New Ways Ministry.

M. DeBernardo reproche notamment au Vatican «une conception terriblement étroite et ignorante» de ce qu'est l'homosexualité. Selon lui, cette dernière va bien au-delà du simple «désir de se livrer à certains actes sexuels». L'approche du Vatican conduit à une attitude «méprisante» pour les prêtres et séminaristes homosexuels, estime-t-il.

Il note que la directive du Vatican pourrait être perçue comme provocatrice par certains prêtres et séminaristes homosexuels, poussés à «défier cet enseignement en reconnaissant publiquement leur orientation. Et elle encouragera ceux qui travaillent à l'accueil des gais et lesbiennes à redoubler leurs efforts», ajoute-t-il.

New Ways Ministry est une association américaine créée il y a 28 ans, qui oeuvre à la «réconciliation» entre l'Église catholique et la communauté homosexuelle.

Une grande association de défense des droits des homosexuels, The Human Rights Campaign (HRC), a également condamné la directive du Vatican, reprochant à l'Église de prendre les homosexuels pour des «boucs émissaires» à la suite des récents scandales provoqués par des prêtres pédophiles.

«Alors que l'Église devrait assumer ses responsabilités pour le mal infligé par un scandale sexuel dévastateur, elle prend les homosexuels pour des boucs émissaires», affirme son président, Joe Solmonese. «Ce décret est une diversion qui ne protège pas plus les enfants qu'elle ne fait rendre des comptes aux responsables», selon M. Solmonese.


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