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Les insolences d'un cancre

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Adrien Bouthillier (a_g_bouthillier@hotmail.com)
Envoyé Le mardi 22 novembre 2005 21:00



Faisant partie de ces analphabètes fonctionnels ayant échoués le test d'entrée en français pour les futurs enseignants (75 % des élèves de l'Université de Montréal) et qu'en plus je serais peut-être mis à la porte de mon programme si je coule pour la deuxième fois le cours de mise à niveau qui suis l'échec du test d'entrée (remarquez, j'ai eu l'année dernière la moyenne de mon groupe pour ce cours de mise à niveau : E), je tiens à féliciter la bravoure des décideurs de nos prestigieuses universités. En effet, j'apprécie grandement que mon université élimine les paresseux de ma sorte échouant en français à la place de leur donner une formation adéquate en la matière.

Voilà la solution pour un système scolaire québécois gagnant : jeter dehors tous ses misérables élèves en difficulté, car ce sont tous des paresseux irrécupérables. Ainsi, je propose que cette mesure s'applique à l'ensemble de notre système scolaire : à partir de la première année du primaire, les élèves échouant une matière deux années de suite devront arrêter pour toujours leurs études : l'école n'est pas pour les ratés, point final. Comme le dit si bien monsieur Marc Turgeon, honorable doyen de la faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM : « À un moment donné, il faut imposer une limite ». Évidemment, cette mesure devra aussi s'appliquer aux éminents hauts fonctionnaires dictant la formation de la relève des enseignants québécois.

Suis-je pour le nivellement vers le bas? Pas du tout, mais je crois en l'éducation, et c'est d'ailleurs pourquoi je veux devenir professeur. Le français n'est pas une langue facile à maîtriser, alors pourquoi ne pas voir le problème de face et donner la chance aux étudiants qui veulent travailler au primaire et au secondaire une réelle possibilité de perfectionnement? Croyez-vous vraiment que la majorité des étudiants en éducation sont irrécupérables, de parfaits imbéciles, inaptes à l'enseignement, et ce à cause de difficultés persistantes après de très mauvais cours de mise niveau? Pour certains, en éliminer 20% (je peux vous dire que ce serait un pourcentage conservateur pour l'Université de Montréal) est une solution tellement plus facile que la mise en place d'outils pédagogiques efficaces.

Adrien Bouthillier, étudiant de deuxième année en Adaptation Scolaire à l'Université de Montréal


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