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Nous, habitants des cités de pays industrialisés, avons tendance à oublier qu'un grande partie des habitants de la planète vit encore en petites communautés traditionnelles survivant d'une économie de subsistance primaire. Souvent depuis des siècles, voire même depuis des millénaires.
Qui sommes nous pour vouloir changer cet état? Est-ce que notre exemple de société de consommation à outrance qui dépersonalise l'individu, détruit la cellule familiale, et qui cherche à éradier l'esprit civique et communautaire représente un exemple édifiant?
N'avons-nous pas déjà assez fait de ravages au sein des populations autochtones? N'avons-nous pas assez détruit de groupes, tribus et de nations avec des projets commerciaux présenté sous forme de d'idéalisme politique ou religieux? N'avons nous pas assez déranger leurs systèmes millénaires de valeurs familiales et communautaires?
Veut-on encore un modèle d'aide à la modernisation qui servira à enrichir les corporations des pays donnant sous prétexte d'implanter des méga-projets dans des pays sous-développés?
Car il faut bien comprendre que l'aide internationale, quand elle ne va pas directement dans la poche des gouvernants et militaires locaux, est généralement assujetti à la condition que les sommes investies servent à payer les firmes du pays donnant (fonctionnaires, conseillers, avocats, ingénieurs, chargés de projets, constructeurs, fabricants, grossistes, détaillants). Le bien-être social des corporations payé à même nos impôts.
Deux boeufs vigoureux et une charrue sont bien plus utiles à un petit village qu'un tracteur, même s'il est fourni gratuitement, pour lequel le village n'a souvent pas les moyens d'acheter le carburant ou les pièces (pour le peux qu'ils soient disponibles).
Bâtir une centrale électrique et allumer une ampoule, une télévision ou un ordinateur dans une hutte ne va pas aider à contrer la sécheresse qui empêche l'agriculteur de produire suffisamment pour nourrir sa famille, ou pour permettre au gardien de troupeau de maintenir son troupeau en santé.
Ça ne permettra pas au pêcheur d'augmenter les stock de prises, ni au chasseur d'attirer les proies sur son territoire. Ça n'aidera pas ces familles à consommer les produits des artisans locaux.
Parce que les artisans locaux seront privés de ces revenus, ils ne pourront acheter les surplus de chasse, de pêche et d'agriculture de leurs concitoyens lorsque disponible.
Si utile qu'elle nous soit, l'électricité ne permettra donc pas de faire circuler la richesse locale, si peu soit-elle à nos yeux.
Dans le développement, il faut toujours privilégié l'implantation de technologies appropriées aux besoins réels. Nous, gens des pays industrialisés, avons tendance à oublier que le boeuf couplé à la charrue est une technologie efficace et peu coûteuse à entretenir. Une technologie éprouvée par l'Histoire, compréhensible et utile pour un agriculteur traditionnel.
Ce n'est pas par manque d'intelligence que bien des groupes ne peuvent pas utiliser des outils plus mécaniques de notre ère dite moderne. Les observateur internationaux, technocrates des pays industrialisés, ont eu souvent tendance à dénigrer «ces sauvages qui laissent rouiller les machines qu'on leur a donné pour leur bien», sans considérer que ces machines ne comblaient pas leur besoins de façon appropriée. Le gagnant dans ces transactions est la compagnie qui vendaient ces machines au gouvernement fournissant l'aide financière.
Le mensonge du programme fédéral des commandites n'est qu'une parti de l'iceberg. Ce que les américains appellent le «pork-barrelling» (littéralement donner du porc en baril, faisant référence à la nourriture payée par le gouvernement américain et destiné par traité aux amérindiens et qui était plutôt livrée à des entrepreneurs appuyant les campagnes électorales et qui la revendait aux colons) cette corruption est aussi vieille que la politique.
Il ne faut pas oublier un proverbe qui s'applique particulièrement à l'aide aux communautés dans le besoin: les voies de l'enfer sont pavées de bonnes intentions.
Ces bonnes intentions proviennent souvent des habitants des pays industrialisés qui font pression sur leur gouvernement pour fournir de l'aide aux pays dans le besoin.
Il existe encore, heureusement, un certain civisme chez les gens, prêts à payer des impôts pour permettre de fournir des services sociaux adéquats à l'ensemble de la population et même pour aider les gens d'ailleurs. L'exemple spontané de la générosité des gens lors de catastrophes internationales est d'ailleurs bien édifiant.
Malheureusement, les systèmes actuels de distribution de cette aide à même les fond publics des pays industrialisés ne profite pas nécessairement à ceux qui en ont besoin, souvent de façon urgente, et de la façon dont ils en ont le plus besoin.
Je ne crois pas que les gens apprécient cette donne de cartes truquées.
Claude Filimenti
Citoyen concerné d'une humanité malmenée
kebekwa à sympatico point ca
