L'OCDE exhorte la Chine à réduire les inégalités dans les campagnes

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AFP
Édition du lundi 21 novembre 2005

Mots clés : ocde

L'agriculture pèse toujours d'un poids important en Chine, représentant 15 % du produit intérieur brut et plus de 40 % des emplois.

Photo: Agence Reuters

Pékin — L’OCDE exhorte la Chine à réduire les inégalités de plus en plus importantes entre les campagnes et les villes et à s’attaquer aux graves problèmes d’environnement qui mettent en danger l’agriculture, dans un rapport publié lundi dernier.

Cette première étude sur les politiques agricoles chinoises de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), dont la Chine n'est pas membre, relève qu'après avoir bénéficié dans un premier temps des réformes lancées en 1978, l'agriculture souffre d'un retard par rapport aux autres secteurs depuis le milieu des années 1990.

Elle pèse toujours d'un poids important, représentant 15 % du produit intérieur brut et plus de 40 % des emplois, dans une Chine majoritairement rurale, 60 % des 1,3 milliard de Chinois vivant à la campagne (soit près de 800 millions de personnes).

Mais, souligne l'OCDE, si les revenus ont fortement augmenté depuis les réformes, cela est dû essentiellement aux entreprises non agricoles, dont la création a été encouragée dans les campagnes par les autorités pour empêcher un exode rural trop important. Et si la pauvreté a diminué en raison des réformes et de l'ouverture économiques, les écarts de revenus se sont accrus entre les paysans et les citadins: au milieu des années 1980, un habitant des villes gagnait en moyenne 1,85 fois plus qu'un campagnard, «en 2003 et 2004 le ratio était de 3,2, le plus élevé de toute la période des réformes», dit l'étude.

Des pistes

Soulignant que cette question est devenue prioritaire pour le régime en 2004, l'OCDE suggère plusieurs pistes pour s'attaquer au problème, en particulier de lever les barrières administratives empêchant la libre circulation de la main-d'oeuvre vers les villes, estimant que «la poursuite du transfert de la main-d'oeuvre rurale vers des emplois non agricoles créerait des conditions favorables pour l'ajustement structurel de l'agriculture».

Un autre défi de taille est l'environnement, avec dans l'ensemble du pays une érosion et une dégradation des sols et une pollution de l'eau, souligne l'OCDE, rappelant qu'avec 280 kg par hectare, la Chine est l'un des principaux utilisateurs d'engrais au monde.

«Ces problèmes risquent de contribuer à une réduction de la productivité agricole à long terme», prévient l'organisme basé à Paris.

L'OCDE conseille au gouvernement chinois de restructurer la filière agroalimentaire pour la rendre plus compétitive, alors que le secteur est encore très fragmenté avec «200 millions de foyers ruraux» disposant de «seulement 0,65 hectare de terre en moyenne».

Cependant, la proposition de l'OCDE de favoriser l'existence d'organisations de producteurs autonomes devrait être difficilement entendue par Pékin, sourcilleux de ne laisser aucune expression de la société civile en dehors des structures gouvernementales ou du parti communiste au pouvoir.

L'État doit également, selon l'organisme, garantir une plus grande sécurité juridique de l'accès à la terre, objet de litiges en raison des limitations du système actuel qui prévoit des locations sur 30 ans et donne un pouvoir immense aux fonctionnaires locaux.

D'ailleurs, note l'OCDE, dans de nombreux cas, certains se comportent comme des propriétaires terriens, «décidant de louer ou de vendre des terres à des investisseurs extérieurs sans consensus des agriculteurs locaux et sans que les agriculteurs reçoivent une compensation correcte pour la perte des terres».

Un meilleur accès aux services publics est également indispensable.

«Les différences énormes dans les dépenses publiques par habitant dans l'éducation, la santé, les systèmes de retraites et de sécurité sociale entre populations rurales et urbaines sont l'une des principales sources de disparités sociales», indique l'étude.


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