La STM a besoin de 30 millions pour boucler son budget
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Le coût de la CAM pourrait passer de 61 $ à 63 $

Photo: Jacques Nadeau
C'est dix millions de plus que le carcan budgétaire dans lequel la STM était plongée l'année dernière. La STM avait réussi à résorber le manque à gagner de 20 millions pour 2005 grâce à une aide ponctuelle du gouvernement du Québec, conditionnelle à un réinvestissement équivalent de la part de la Ville de Montréal.
Pour l'exercice 2006, le problème correspond entre autres à une hausse de 2,5 % de la rémunération des 8000 employés de la STM (16 millions), à la pression du service de la dette et à l'augmentation de 11 millions de dollars des coûts de l'énergie (diesel pour les autobus et gaz naturel pour les bâtiments de la STM).
La solution au manque à gagner se trouve du côté de la hausse des revenus ou des compressions dans l'administration ou dans les services au public. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avait promis en campagne électorale de ne pas augmenter les tarifs des usagers au delà de l'inflation. Or, selon l'indice des prix des transports en commun (3,5 %), qui prend en compte la croissance des prix de l'essence, la carte mensuelle de transport à Montréal (CAM) pourrait passer de 61 à 63 $.
«On va discuter de ça en conseil d'administration. Il y a un alignement à prendre, mais la hausse de tarifs n'est pas écartée», a affirmé hier au Devoir le directeur général de la STM, Pierre Vandelac.
M. Vandelac a remis sa démission au conseil d'administration mardi. Hier, il a fait parvenir une lettre à l'ensemble des employés. «Cette décision, prise pour des raisons de santé, est sans aucun doute la plus difficile de ma carrière», écrit M. Vandelac, soulignant également que «la conjoncture ne nous a pas rendu la tâche facile».
Selon ce qu'a appris Le Devoir, d'importantes divergences de vues entre M. Vandelac et l'administration Tremblay auraient été le véritable déclencheur de ce départ. Chose certaine, M. Vandelac demeurera en poste jusqu'en mars prochain et traversera donc tout le processus budgétaire.
C'est au cours de la même réunion que les faits précis du manque à gagner ont été présentés au conseil d'administration. Le cadre financier du ministre des Transports, attendu depuis des mois, pourrait modifier la situation. Mais au cabinet ministériel, on se montre avare de commentaires, se bornant à dire que le cadre est en préparation et que l'objectif demeure janvier 2006.
Cet exercice se fait dans le cadre plus large du renouvellement du pacte fiscal avec les municipalités. Or, en coulisses, on raconte que le dossier traîne à cause d'un «bras de fer» entre les titulaires des Transports et des Affaires municipales. L'un prône une aide aux transports en commun alors que l'autre favorise un plus grand financement des besoins en infrastructures des régions.
M. Dauphin souhaite que les revenus de la STM soit stabilisés le plus tôt possible. «On a bien hâte de régler ça. On nous dit depuis plusieurs mois qu'on aura une entente pour janvier 2006 et on est rendus en novembre. Le temps presse», a-t-il souligné.
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