La copie multiplie les dégats

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AFP
Édition du jeudi 17 novembre 2005

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Le congrès sur la contrefaçon appelle à une prise de conscience planétaire

Un douanier surveille des chaussures de sport contrefaites saisies en France. La contrefaçon ne grève plus seulement les bénéfices des industriels du luxe ou de la cigarette mais touche tous les secteurs, jusqu'aux médicaments.

Photo: Agence France-Presse

Lyon -- Les 500 participants au deuxième congrès mondial sur la lutte contre la contrefaçon et le piratage, réunis durant deux jours à Lyon, en France, ont souhaité une prise de conscience urgente sur l'étendue des dégâts provoqués par le trafic des produits copiés.

«La lutte contre le commerce mondial de produits contrefaits et piratés devrait figurer en tête de la liste des priorités», ont affirmé les participants dans une Déclaration de Lyon adoptée hier soir à l'issue de ce congrès organisé par Interpol et l'Organisation mondiale des douanes.

La déclaration insiste sur la nécessité absolue d'une meilleure communication sur l'impact de la contrefaçon, qui ne grève plus seulement les bénéfices des industriels du luxe ou de la cigarette mais touche tous les secteurs, jusqu'aux médicaments.

Pour cela, Interpol a été chargée de poursuivre ses efforts pour mettre en évidence le lien qui existe entre la contrefaçon et les réseaux du crime organisé, afin d'inciter les responsables politiques à investir davantage de moyens.

«Les pirates gagnent du terrain», a lancé l'un des intervenants, James Chandler, président du National Intellectual Property Law Institute à Washington, après avoir dressé un état des lieux de l'augmentation exponentielle de la contrefaçon et des moyens de ses commanditaires.

Impact réel

Les participants ont promis leur soutien à une étude mondiale lancée par l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) destinée à évaluer toutes les conséquences de la contrefaçon et démontrer son coût socio-économique réel, dont les résultats sont attendus en 2007. «Il y a 10 ans, nous avons émis l'idée que la contrefaçon représentait 8 à 10 % du commerce mondial. Aujourd'hui, ce chiffre circule toujours, mais il n'a plus de sens. Il est urgent d'obtenir des données précises», a expliqué Wolfgang Hubner, représentant de l'OCDE au congrès.

La déclaration finale note que de premiers efforts de sensibilisation ont déjà porté leurs fruits, que ce soit au niveau politique, comme l'illustre la prise de position publique des chefs d'État du G8 en juillet à Gleneagles (Royaume-Uni), ou à celui des consommateurs. Ces derniers continuent d'acheter en masse des copies de montres et de télécharger illégalement des morceaux de musique, mais ils hésitent à se tourner vers le marché noir pour changer les plaquettes de frein de leur voiture et espèrent que les compagnies aériennes font de même.

Mais la tâche reste immense, et dans certains domaines, urgente, est venue expliquer à la tribune la Nigériane Dora Akunyili, dont la soeur est décédée après avoir été soignée pour un diabète avec des médicaments contrefaits, et qui voit aujourd'hui sa vie menacée en raison de son combat contre ces médicaments meurtriers. «La contrefaçon de médicaments est l'un des plus grands maux de notre temps. C'est aussi une forme de terrorisme contre la santé publique, de même qu'un acte de sabotage économique», a-t-elle résumé.


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