La contrefaçon peut tuer

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AP
Édition du mardi 15 novembre 2005

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Lyon -- La contrefaçon est «le deuxième fléau du XXIe siècle après le terrorisme», qu'elle alimente, a affirmé hier Michel Danet, secrétaire général de l'Organisation mondiale des douanes (OMD), rappelant que cette activité nuit à l'entreprise et à l'emploi mais que c'est aussi «une industrie qui tue» avec les faux médicaments par exemple.

Le rapprochement avec le terrorisme est d'autant plus pertinent que les organisations terroristes investissent dans la contrefaçon. «C'est plus lucratif et moins dangereux» que le trafic de drogue ou d'armes, explique M. Danet, à l'occasion du deuxième congrès mondial sur la lutte contre la contrefaçon, organisé hier et aujourd'hui à Lyon. Ainsi, «ceux qui ont commis les attentats de Londres, au mois de juillet, ont financé leurs attaques grâce à la revente de produits contrefaits. C'est un phénomène très inquiétant», a-t-il souligné.

Les faussaires sont très réactifs, note

M. Danet: des mascottes contrefaites des Jeux olympiques de 2008 à Pékin ont ainsi récemment été saisies.

Toutefois, poursuit-il, «les gouvernements se gargarisent des saisies mais cela ne suffira pas à casser la mécanique de la contrefaçon. Il faut des accords qui permettent de s'attaquer au transit, à l'export, et au stockage des produits contrefaits et pas seulement à l'importation».

La sensibilisation du consommateur s'avère tout aussi importante. En ce qui concerne la campagne d'information sur la contrefaçon que devrait diffuser le gouvernement français d'ici Noël, «j'attends de voir», a déclaré le secrétaire général de l'OMD, «il faut que ce soit un message fort qui touche les gens».

Plus de 500 représentants (gouvernement, police, entreprises) de 66 pays assistent à ce congrès organisé par Interpol et l'OMD afin d'explorer les moyens d'enrayer le trafic de contrefaçon.

Depuis la fin des années 1980, soulignent les douanes françaises, la contrefaçon s'est diversifiée, s'attaquant au secteur alimentaire, aux cosmétiques, aux pièces détachées de véhicules automobiles, aux médicaments ou au matériel médical, menaçant directement la sécurité et la santé des consommateurs.

En Chine, les autorités ont mis en garde la semaine dernière contre de faux vaccins contre la grippe aviaire vendus dans les provinces touchées par le virus. Des volailles traitées avec ces produits pourraient ne pas être protégées, ce qui accroît encore la difficulté de la lutte contre l'épidémie.


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