Tourisme nouveau genre dans les Chic-Chocs
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La Gaspésie a désormais son ecolodge

Le chalet, perché dans les montagnes, est d'abord et avant tout isolé de la civilisation. À tel point que le personnel propose de prendre le client en charge à Cap-Chat et de l'emmener jusqu'en haut, à 615 mètres d'altitude et à 60 kilomètres du fleuve Saint-Laurent. Le trajet se fait en autobus. En période hivernale, la moitié du parcours se fera dans un véhicule à chenilles à mi-chemin. Quant au climat, il contraste si fortement avec celui des basses altitudes que, lors d'une visite des lieux hier, il y avait presque un pied et demi de neige au sol.
Quelques clients types sont déjà définis: l'amateur de plein air, le chef d'entreprise qui veut motiver ses troupes, l'Américain et l'Européen. «On estime que 40 % de la clientèle sera québécoise», précise le chargé de projet, Gilbert Rioux, dans le hall d'entrée dont la vue sur les montagnes n'a rien à envier aux Rocheuses. On pense en effet très fort aux Américains, mais aussi aux entreprises qui ont les moyens de se payer une retraite de quelques jours pour ressourcer le personnel. Le vice-président au marketing de la Sépaq, Claude Beaudoin, estime que celles-ci pourraient à terme constituer un pourcentage considérable de la clientèle, peut-être «10, 15 ou 20 % du chiffre d'affaires au fil du temps».
Une question se pose. Qu'est-ce qu'un ecolodge? La Sépaq, qui gère notamment la Réserve faunique de Matane au sein de laquelle l'auberge a été construite, définit le concept en parlant d'un «souci de préservation du milieu naturel». Cela se répercute non seulement sur le respect de l'environnement, mais fait aussi référence à une «gestion optimale» des sources d'énergie et des déchets. Les activités, en été comme en hiver, s'inscriront strictement dans cette ligne de conduite: raquette, ski de fond, randonnée, observation, etc. À proximité se trouvent les monts Matawees, Coleman et Collins. Et un réseau de sentiers naturels est déjà à moitié tracé, dit-on, en partie grâce aux quelque 150 à 200 orignaux qui arpentent le territoire de 60 km2.
Une deuxième auberge
On est tellement convaincu du succès que connaîtra l'auberge, ouverte seulement 200 jours par année, qu'on parle déjà d'une deuxième à environ cinq kilomètres. «Le site de la deuxième auberge est déjà identifié», ose avancer Gilbert Rioux. La construction, si tout se déroule comme souhaité, pourrait débuter vers 2007. Mais le choix de sa forme est loin d'être arrêté. L'auberge déjà en place a toutes les commodités, mais la prochaine pourrait être moins confortable, si l'on peut dire. «Il faudra voir si les gens veulent plus d'autonomie», dit Claude Beaudoin.
On ne sait pas encore quelles retombées économiques seront générées par l'auberge pour la région de Cap-Chat et de Sainte-Anne-des-Monts, mais le chiffre d'affaires devrait à terme atteindre le million, a dit M. Rioux. Les responsables du tourisme en Gaspésie souhaitent que les touristes ne quittent pas la région une fois leur séjour terminé.
L'auberge ouvre officiellement le 26 décembre. Quant aux orignaux, aucun d'entre eux ne s'est présenté hier au rendez-vous de la presse.
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François Desjardins s'est rendu en Gaspésie à l'invitation de la Sépaq.
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