Quebecor cherche un nouveau partage des droits dans l'univers numérique
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Photo: Jacques Grenier
Pierre Karl Péladeau était le conférencier invité hier midi à un dîner de l'Association canadienne du cinéma et de la télévision, dîner qui réunissait le gratin de l'industrie télévisuelle.
Le président de Quebecor a brossé un vaste portrait des changements qui se produisent actuellement dans le monde de la télévision. Ainsi, l'écoute de la télévision traditionnelle est en baisse, et les émissions qui attirent plus de trois millions de téléspectateurs au Québec appartiennent maintenant au passé. Le nombre de chaînes a littéralement explosé: on compte maintenant 679 services de télévision en tous genres au Canada, dont 115 en langue française.
La révolution numérique change en profondeur le mode de création et de diffusion des émissions. La vidéo sur demande est en pleine expansion, l'enregistreur numérique personnel (qui permet d'éliminer les publicités des émissions) se propage et la télévision sur Internet est à nos portes. Le téléchargement de la musique a bouleversé l'industrie musicale, et ce n'est que le prélude à la prochaine grande révolution: le téléchargement des vidéos et des émissions sur Internet et sur les mobiles. M. Péladeau rappelle d'ailleurs qu'Apple vient tout juste de lancer son iPod vidéo.
Dans ce contexte mouvementé, si on se contente de «subir le changement», explique-t-il, nous assisterons au «lent déclin de notre production nationale» et TVA devra forcément commencer à réduire ses coûts de production et recourir de plus en plus à des produits étrangers peu coûteux.
Mais le choix de Quebecor consiste à «être un agent de changement», dit-il, et donc de «participer activement à l'éclosion de ces différentes fenêtres de diffusion et d'y assurer une place majeure pour notre production. C'est ce que nous voulons faire avec la vidéo sur demande, avec ZIK.CA [le site de téléchargement légal de musique géré par Archambault], et bientôt avec la vidéo sur Internet et sur mobiles».
Les représentants des producteurs de télévision qui entendaient ces propos se montraient méfiants hier, faisant valoir que les producteurs ne peuvent pas céder les droits qu'ils ne possèdent pas, par exemple pour la télé sur demande ou pour la vente en DVD.
Pierre Karl Péladeau a indiqué aux journalistes après sa conférence que «nous cherchons un nouveau cadre d'utilisation des droits», ce qui laisse présager des discussions complexes avec les producteurs ainsi que les représentants des créateurs et des artistes.
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