Équiterre veut connaître le plan de Mulcair contre les changements climatiques

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du mardi 08 novembre 2005

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Québec essaie de créer un écran de fumée sous forme de conflit fédéral-provincial pour masquer son incapacité à mettre au point un véritable plan de lutte contre les changements climatiques en accusant Ottawa de refuser de mettre de l'argent sur la table dans le cadre d'une entente fédérale-provinciale.

C'est ce qu'a déclaré hier au Devoir le coordonnateur d'Équiterre, Sidney Ribaux, qui se surprend de voir le Parti québécois ainsi que le Bloc appuyer les demandes du Québec qu'Ottawa refuserait de financer. Et cela, sans les connaître.

Équiterre estime que le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, «doit divulguer rapidement les demandes du Québec et son plan de lutte aux changements climatiques afin qu'on puisse voir si c'est un plan qui a de la substance ou pas: si c'est le cas, il aura l'appui du public et du milieu écologiste. Mais d'après ce qu'on en perçoit, ce plan contient des scénarios avec assez peu de substance. Beaucoup d'études mais pas de projets précis et véritablement importants. Il se pourrait bien qu'à Québec on soit en train de se préparer à divulguer un plan sans véritable substance et à en imputer la faute au manque de financement d'Ottawa.»

Un plan vague

Selon le coordonnateur d'Équiterre -- le groupe environnemental qui a reçu le mandat de coordonner les forces environnementales lors de la rencontre internationale sur les changements climatiques au début de décembre à Montréal -- Québec aurait tout au plus «une vague stratégie de lutte aux changements climatiques, mais aucun objectif chiffré, aucun échéancier de réalisation pour chaque secteur d'activité même si on est à six ans de l'échéance de Kyoto».

Sidney Ribaux estime que Québec a tout au plus un ou deux plans de trains de banlieue «qu'il annoncera pour faire avaler la pilule de l'autorisation qu'il s'apprête à donner au projet d'autoroute 25» d'ici à quelques semaines alors qu'il sera obligé de divulguer le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Si Ottawa n'a mis jusqu'ici que 20 millions dans l'écuelle, explique le porte-parole d'Équiterre, c'est peut-être parce que les projets précis de transports en commun à Montréal et à Québec sont peu nombreux et peu structurants.

Pourtant, estime le coordonateur d'Équiterre qui est aussi avocat de formation, «la majorité des enjeux en matière de GES se situent à l'intérieur des compétences des provinces. Leur implication est donc fondamentale pour l'atteinte des objectifs, ce qu'Ottawa ne semble pas réaliser», dit-il.


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