Les élections municipales 2005 - Tremblay: solide victoire
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Le maire bat Pierre Bourque avec 53% des voix et remporte les mairies de 14 arrondissements

Photo: Jacques Nadeau
En fin de soirée hier, alors que le dépouillement du vote n’était pas terminé, Gérald Tremblay avait l’appui de plus de 185 000 Montréalais, soit environ 53 % du suffrage, contre plus de 130 000 (37 %) pour le chef de Vision Montréal, Pierre Bourque. Quant au chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, il recevait l’appui de 9 % de l’électorat alors que Michel Bédard, du parti Éléphant blanc, récoltait un maigre 1 %.
«J’ai eu l’occasion de vous dire à quel point mon travail de maire me tient à cœur, a déclaré Gérald Tremblay au terme de sa victoire. Les engagements que nous avons pris seront respectés. Je veux vous assurer que nous allons faire diligence pour régler le plus rapidement possible les problèmes dont nous avons eu l’occasion de discuter longuement au cours de cette campagne.»
Quant au candidat défait, Pierre Bourque, il a affirmé qu’il demeurerait à son poste de chef de l’opposition: «Je suis un homme de parole [...] Je vais rester, c’est sûr», a-t-il indiqué après avoir accordé la victoire à son adversaire.
Plusieurs batailles serrées se sont déroulées dans les arrondissements. Ainsi, au moment de mettre sous presse, les deux principaux adversaires dans Ville-Marie se livraient une lutte acharnée à la mairie de cet arrondissement du centre-ville alors que Robert Laramée, de L’Équipe Bourque-Vision Montréal (VM), disposait d’une légère avance de 131 voix sur Benoit Labonté, le candidat-vedette de L’Équipe Tremblay-Union des citoyens de l’île de Montréal (UCIM). Au troisième rang, le candidat de Projet Montréal, Jean-Pierre Denis, a offert une performance honorable en se plaçant loin devant la chef de L’Équipe Ville-Marie, Louise O’Sullivan.
L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve aurait échappé au parti de Gérald Tremblay puisque, tout au long de la soirée, le candidat de l’UCIM à la mairie et ex-ministre péquiste, Pierre Bélanger, tirait de l’arrière. Son opposante de Vision Montréal, Lyn Thériault Faust disposait de 49 % des voix alors que M. Bélanger en avait 41 %.
Dans Anjou, Luis Miranda, un ex-membre du parti du maire Tremblay qui avait formé sa propre équipe, a vaincu le candidat de l’UCIM, Carol Beaupré.
Quelques ténors de l’UCIM n’ont pas eu trop de difficulté à l’emporter dans leurs fiefs respectifs. Dans Saint-Léonard, le président du comité exécutif de la Ville, Frank Zampino, a vaincu sans peine Joseph Charles Raschella (VM). Dans Outremont, la victoire de Stéphane Harbour (UCIM) ne semblait pas faire de doute contre la cheffe du parti Oser Outremont, Christine Hernandez, alors que le candidat de VM Montréal était relégué au troisième rang. Dans l’arrondissement de Lachine, Claude Dauphin (UCIM) a profité d’appuis importants contre Jasson Finney (VM). Du côté de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Michael Applebaum semblait en voie de défaire Sonya Biddle (VM) alors qu’Alan DeSousa, l’actuel maire de Saint-Laurent s’apprêtait à être réélu également. Dans le Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos (UCIM) devançait également son adversaire.
L’UCIM a réussi une percée importante dans Rosemont–Petite-Patrie, un bastion de Pierre Bourque. Au moment de mettre sous presse, le candidat du maire sortant, André Lavallée, disposait d’une légère avance sur son adversaire, Denise Larouche (VM). Dans LaSalle, Manon Barbe (UCIM) devançait Michael Vadacchino.
Rappelons que les Montréalais devaient choisir leur maire ainsi que 19 maires d’arrondissement, 45 conseillers de ville et 40 conseillers d’arrondissement. Au moment de mettre sous presse, on ignorait encore les résultats pour les postes de conseillers.
Problèmes techniques importants
Les systèmes de vote électronique, auxquels ont eu recours hier 133 des 780 municipalités en élections, ont causé bien des sueurs froides aux équipes électorales et aux présidents d’élections, et la ville de Montréal n’a pas été épargnée.
Montréal avait fait appel au fournisseur PG Élections, et les Montréalais devaient cocher les noms de leur choix sur un bulletin de vote en papier avant de l’insérer dans une urne électronique. «Comme c’était la première fois qu’on utilisait le vote électronique de bout en bout, on a préféré, pour des raisons de sécurité, garder une trace papier. On a donc opté pour une technologie intermédiaire», a expliqué hier Joan Beauchamp, responsable des communications au bureau de la présidente d’élections de Montréal.
Les pépins ont surtout donné du fil à retordre aux organisations des partis politiques qui, dans certains secteurs, ne pouvaient pas savoir, au cours de la journée, quels électeurs étaient allés voter. En début de soirée, le problème n’avait pas encore été résolu, et plusieurs équipes ont dû obtenir leurs informations directement des bureaux de scrutin. «Ils ont manqué leur coup, s’est exclamé Pierre Riendeau, directeur général de L’Équipe Bourque-Vision Montréal. PG Élections pensait avoir un contrat pour la prochaine élection, mais, d’après moi, il pourrait y avoir des problèmes.»
Par ailleurs, en matinée, des bris et des pannes ont perturbé le fonctionnement de neuf urnes électroniques sur 279, mais on a pu remédier à la situation en moins de trente minutes, et cela n’a pas causé de retard majeur, a-t-on précisé au bureau de la présidente d’élections, Jacqueline Leduc.
Finalement, un début d’incendie dans la salle de la chaudière de l’école Morand-Nantel, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, a forcé l’interruption du vote durant 50 minutes et la prolongation des heures d’ouverture du bureau d’autant.
Rappelons que, pour la première fois de leur histoire, les 1106 municipalités du Québec ont voté simultanément à l’exception de Port-Cartier, Thetford Mines et Sept-Îles, qui voteront en 2006. Plusieurs maires et conseillers municipaux ayant été élus par acclamation, ce ne sont que les électeurs de 780 municipalités qui se sont rendus aux urnes hier.
Cette première visait à insuffler un nouveau souffle aux élections municipales, la ministre des Affaires municipales et des Régions (MAMR), Nathalie Normandeau, espérant par là inciter les citoyens à exercer leur droit de vote en plus grand nombre.
En créant ainsi l’événement, la ministre Normandeau n’avait pas caché son espoir de convaincre au moins 60 % des électeurs d’aller aux urnes. À titre de comparaison, le taux de participation a oscillé entre 49 et 56 % de 1996 à 2002. Il semble que le stratagème n’ait pas porté ses fruits, puisque l’objectif fixé par la ministre ne semblait pas en voie d’être atteint hier avec un taux de participation évalué à moins de 40 % à Montréal. En 2001, 49,1 % des électeurs montréalais inscrits sur la liste électorale avaient exercé leur droit de vote.
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