Brésil - Le Parti des travailleurs aurait détourné des fonds publics
Mots clés : corruption
Rio de Janeiro -- Une commission parlementaire d'enquête (CPI) sur la corruption a trouvé pour la première fois une trace de détournement de fonds publics au profit du Parti des travailleurs (PT, au pouvoir), relançant les difficultés du gouvernement à onze mois des élections générales.
Valerio est le principal opérateur des financements illicites du PT, scandale à l'origine de la crise politique provoquée en juin par les révélations du député Roberto Jefferson.
Le publicitaire a reconnu lors d'auditions au Parlement avoir versé 56 millions de réais (30 millions $CAN) en 2003 et 2004, à la demande de l'ex-trésorier du parti, Delubio Soares, récemment exclu du PT. Mais les deux hommes ont toujours limité cette opération à un financement de campagne électorale, certes illicite mais effectué sur la base de prêts en bonne et due forme auprès de banques privées.
C'est cette version, reprise par le gouvernement, qui est sérieusement écornée par les résultats de l'enquête parlementaire.
«Il n'y a pas de doute, il y a de l'argent public dans le système Valerio, l'argent vient d'une entreprise d'État, c'est de l'argent public mis entre les mains d'un parti», a déclaré Serraglio.
Serraglio a précisé que Banco do Brasil avait avancé 35 millions de reais (18,6 millions $CAN) à l'agence de publicité DNA de Marcos Valerio pour des services à venir, dont dix ont été détournés sous forme d'un faux prêt bancaire.
Banco do Brasil a reconnu auprès de la Commission que ce montant ne correspondait à aucun service rendu par la DNA à ce jour.
Pour le président de la CPI, le sénateur Delcidio Amaral, membre du PT, «cette opération est une démonstration de plus que la thèse pure et simple d'un prêt conventionnel pour alimenter la caisse noire est fragile. Il s'agit d'une opération avec une banque publique. C'est grave, cela va au-delà de la caisse noire».
Selon la presse d'hier, ce premier résultat tangible des enquêtes parlementaires embarrasse le gouvernement, qui soulignait jusqu'à présent l'absence de preuves sur l'existence d'un réseau de corruption d'État et de détournement d'argent public pour alimenter le système mis en place par Valerio et Soares.
Selon le journal Folha de São Paulo citant «un des principaux conseillers» de Lula, le président brésilien se dit «préoccupé» car il considère «probable» la véracité des conclusions de la CPI. Le journal souligne que le président, une fois de plus, s'est plaint des agissements de l'ex-trésorier du PT, dont il n'avait pas connaissance.
Pour Arthur Virgilio, chef du groupe parlementaire du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, opposition) au Sénat, «les faits étaient déjà clairs, mais ils sont maintenant prouvés. Il n'y a pas une seule autorité au sein de ce gouvernement qui soit au-dessus de tout soupçon».
Des élections sont prévues en octobre 2006.

