Libre-échange des Amériques - Le Sommet s'ouvre dans la division
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Photo: Agence Reuters
Plus de 10 000 manifestants lui ont fait écho en défilant dans la matinée sous la pluie dans les rues de Mar del Plata aux cris de «Bush fasciste, c'est toi le terroriste». L'idole du football argentin Diego Maradona, nouveau chantre de l'opposition au président Bush, a préféré renoncer à marcher à leurs côtés après une arrivée mouvementée à la gare de Mar del Plata où des centaines de supporteurs et de journalistes l'attendaient. Quelque 40 000 personnes se sont ensuite rassemblées dans le stade de la ville, en présence cette fois de Maradona, héros du jour.
Chávez harangue
«Je vous aime. L'Argentine est digne. Virons Bush», a-t-il lancé, recevant l'ovation du stade, après avoir été prié de «dire quelques mots» par le président vénézuélien Hugo Chávez, également présent. Celui-ci a harangué la foule pendant deux heures et demie, accusant les États-Unis de vouloir envahir son pays. Il a ensuite rejoint ses homologues, y compris le président Bush qui l'a ignoré, dans le théâtre auditorium de la ville pour la cérémonie d'ouverture.
Au même moment, des incidents ont opposé quelques centaines de manifestants radicaux aux forces de l'ordre. La police a répliqué à coups de grenades lacrymogènes, a constaté l'AFP.
Hugo Chávez est arrivé hier matin à Mar del Plata, déterminé, a-t-il dit, à «enterrer» la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), proposée en 1994 par les États-Unis. Ce projet américain de vaste marché commun s'étendant de l'Alaska à la Terre de Feu se heurte non seulement à l'opposition du Venezuela mais aussi à celle de pays pourtant considérés comme des alliés de Washington, comme le Brésil ou l'Argentine.
Ces pays membres du Mercosur, avec l'Uruguay et le Paraguay, rechignent à l'idée de s'associer à ce projet, faute d'engagements jugés suffisants de la part des États-Unis concernant l'ouverture de ses marchés agricoles. Le sujet est à ce point sensible qu'il n'a pas pu faire l'objet d'un accord entre les ministres des Affaires étrangères des 34 participants à ce sommet, chargés de rédiger la déclaration finale du sommet. Les présidents devaient donc se mettre au travail avant ce midi, qui marque la clôture de leurs travaux. Les États-Unis, mais aussi le Mexique, le Canada, les pays centro-américains, des Caraïbes et le Chili, sont favorables à une reprise des négociations sur la ZLEA dès 2006, ce que refusent le Venezuela et le Mercosur.
Quelque 8000 policiers, gendarmes et soldats ont été mobilisés pour ce sommet au-
quel participeront 32 chefs d'État et de gouvernement du continent américain, les présidents du Panama et du Honduras ayant décliné l'invitation.
Le président cubain Fidel Castro ne figure pas dans la liste des invités, faute d'être à la tête d'un gouvernement démocratique.
La lutte contre la pauvreté est l'un des principaux sujets que l'Argentine a voulu mettre à l'ordre du jour de cette réunion. L'Amérique latine a enregistré l'an dernier une croissance record d'environ 5,5 %, sans parvenir à réduire la pauvreté qui touche plus de 220 millions de ses 512 millions habitants.

