Bush dégringole dans les sondages

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AFP
Édition du samedi 05 et du dimanche 06 novembre 2005

Mots clés : sondages

Washington -- Après l'inculpation et la démission d'un haut responsable de la Maison-Blanche, George W. Bush continue de dégringoler dans les sondages, et son honnêteté personnelle est mise en doute pour la première fois par plus de la moitié des Américains qui l'ont réélu il y a un an.

Sur le plan personnel, 40 % seulement des Américains estiment que le président Bush est honnête, selon un sondage ABC-Washington Post paru jeudi, un chiffre qui est tombé sous la barre des 50 % pour la première fois depuis le lancement de cette étude régulière. Et 58 % des sondés estiment qu'il n'est pas honnête.

Sa cote de confiance globale stagne à 39 % selon ce sondage. Selon un autre sondage publié jeudi également, par CBS, elle est tombée à 35 %, son point le plus bas depuis l'élection en novembre 2000, au-dessous du niveau de popularité de la plupart des présidents américains, sauf Richard Nixon, en début de second mandat.

Outre le conflit irakien de plus en plus critiqué par les Américains, l'affaire Libby va peser pendant des mois sur le climat de la Maison-Blanche, estiment les experts. Lewis Libby est l'ex-chef de cabinet du vice-président Richard Cheney, inculpé la semaine dernière pour parjure, faux témoignage et tentative d'obstruction à la justice dans une affaire de possible manipulation du renseignement pour justifier la guerre en Irak.

Les sondages montrent que «les Américains estiment que le problème est plus large qu'un simple problème d'éthique personnelle», souligne Patrick Basham, chercheur au Cato Institute, un centre de recherche libéral de Washington.

«Je comprends la préoccupation des gens pour les sondages», a dit hier M. Bush à la presse, à Mar del Plata en Argentine, où il participe au sommet des Amériques.

«Le moyen de regagner en crédibilité est de fixer un programme clair que tout le monde comprend et de le réaliser», a-t-il ajouté en précisant que son premier objectif était de «protéger» le peuple américain.

Néanmoins, sur le plan intérieur, le président semble paralysé dans l'immédiat, n'étant pas parvenu à imposer ce programme durant la première année du deuxième mandat, à l'exception de la réforme de l'énergie adoptée par le Congrès quatre ans après avoir été lancée par l'administration Bush.

Sur le plan politique, M. Bush a ressoudé in extremis sa base électorale républicaine la semaine dernière en retirant une candidature contestée à la Cour suprême. Mais ni la réforme des retraites, ni la réforme fiscale, qui figurent à son programme, ne semblent bien parties, alors que le président dispose d'un exceptionnel pouvoir avec une majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès.

Enquête sur l'Irak

L'opposition démocrate américaine a mis en garde hier contre toute tentation de bâcler un rapport parlementaire sur d'éventuelles «manipulations» des informations du renseignement avant la guerre en Irak, soulignant qu'il devrait être «approfondi». «Nous ne pouvons pas laisser faire en sorte que le long retard pris [...] compromette la qualité de l'enquête», a souligné le numéro deux de la commission du renseignement du Sénat chargée de l'enquête, John Rockefeller.

Le président de cette commission, le républicain Pat Roberts, avait indiqué mardi soir que le rapport sur l'«utilisation» des informations du renseignement sur l'Irak, envisagé dès février 2004, n'avait été retardé que par des atermoiements démocrates. Il avait ajouté qu'il espérait pouvoir le mener à bien dès la semaine prochaine.

Cette question avait provoqué un exceptionnel coup de fièvre au Sénat mardi. L'opposition avait forcé l'organisation d'un débat à huis clos pour exiger l'achèvement rapide des investigations après l'inculpation de Lewis Libby.

Torture dénoncée au Sénat

Le Sénat américain a réaffirmé hier son engagement contre la torture, en adoptant un amendement au budget de la Défense combattu par la Maison-Blanche interdisant explicitement tout mauvais traitement contre des détenus.

Le sénateur républicain John McCain, qui avait fait adopter par 90 voix contre neuf un amendement identique il y a un mois à l'occasion d'un autre texte budgétaire, a toutefois indiqué qu'il se méfiait de tentatives «machiavéliques» visant à supprimer cette disposition au cours de la navette parlementaire. Son amendement a été adopté hier lors d'un simple vote à main levée, sans qu'aucun sénateur s'y soit opposé.

Selon M. McCain, ancien prisonnier de guerre au Vietnam, l'interdiction explicite de la torture, qui va devoir faire l'objet de négociations entre les deux chambres du Congrès avant d'avoir force de loi, est «massivement» soutenue non seulement au Sénat mais aussi à la Chambre des représentants et parmi l'opinion publique. Il a précisé qu'il était hors de question pour lui d'exempter la CIA des règles interdisant la torture, comme le suggère la Maison-Blanche.

«Je ne vais pas envisager de battre en retraite, je ne vais pas envisager d'exception», a renchéri le sénateur républicain Lindsey Graham. Évoquant des accusations de mauvais traitements infligés par des agents de la CIA, M. Graham a exprimé son indignation. «Le caractère, c'est de faire le bien quand personne ne regarde», a-t-il dit après avoir souligné que la guerre contre le terrorisme est «une guerre pour la tolérance, pour les valeurs, pour le respect des droits de l'homme».


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