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Lucidités complémentaires: pour une Lucidité solidaire
Je crois que les "lucides" ont à s'humaniser dans ce qu'apportent les "Solidaires", ou alors ils accoucheraient de monstres. C'est vrai, il nous faut créer des richesses, soit exporter plus ou importer moins, ou simplement nous auto suffire. Nous devons aussi partager ces richesses, prime évidemment de les créer. Nous devons et avons un réel avantage à être humanitairement lucides, à évacuer l'adage capitaliste: "après nous le déluge". Car, on ne le criera pas assez, cette terre ne nous appartient pas, nous en sommes usufruitiers.
La question que je me pose, que je pose au lecteur est: comment assurer la création des richesses, et poursuivre sa redistribution lorsque les marchés se rétrécissent? Ne risque-t-on pas, à vouloir favoriser l'enrichissement, d'avoir à la fois plus de riches et plus de pauvres? Les deux sont liés. Je crois qu'il faut réellement questionner l'utilité sociale de la richesse, de la fortune des riches. Il faudrait que les riches y pensent sérieusement, au-delà des fallacieuses fondations et donations larguées ici et là, comme pour se faire bonne conscience. Les richesses nées de la terre et du travail des humains ne devraient pas servir au gaspillage ou à des illusions de justice économique.
L'erreur de lucidités, je crois, serait de continuer à prêcher la magie du "profit" net après impôt, ou des paradis fiscaux. Les économistes doivent revisiter les temples de la pensée, réécrire les théories économiques, questionner et actualiser le sens et les fonctions du travail et l'éthique du profit.
Les riches devraient se réhumaniser, être solidaires des autres humains dont l'appauvrissement participe à leur enrichissement. Quand je paie l'essence 1,49$ parce qu'il y a spéculation, je m'appauvris et quelqu'un s'enrichit. La lucidité, c'est de voir tout cela, et apporter des correctifs structurels.
Que les "solidaires" ne lâchent pas. Le débat mérite d'être approfondi, et de lui sûrement émergera un lucide projet de société. J'apprécie que cette alerte soit venue des milieux proches du patronat. Puisque la prémisse de leurs inquiétudes porte sur le poids de la dette, je suggérerais que les entreprises qui font de gros profits se montrent lucides et solidaires de notre société, qu'elles mettent leurs réserves non réinvestis dans une fiducie d'impôts dont les produits seront affecté au financement de la dette. Reste à approfondir la question de la conciliation entre l'impératif de création de richesses et celui de solidarité internationale. Cela implique des coûts importants qu'on peut se demander si le Québec se le permettrait seul si le reste du monde ne veut rien savoir. Du mariage des deux visions "lucidité" et "solidarité", jaillira la lumière d,une lucidité solidaire.
