Iran et Israël - Ahmadinejad persiste et signe

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AFP
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 octobre 2005

Mots clés : antisioniste

À Téhéran, des manifestants ont brûlé les drapeaux israélien, américain et britannique.

Téhéran -- Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a persisté hier dans son appel à «rayer Israël de la carte», le jour où des centaines de milliers de ses compatriotes descendaient dans la rue au cri de «mort à Israël» à l'occasion de la journée «antisioniste» annuelle.

«Ils sont libres de dire ce qu'ils veulent», a déclaré le président ultraconservateur, réagissant au tollé suscité par ses propos chez les Occidentaux.

«Il est normal que, si un mot est correct et juste, il provoque une réaction, a dit M. Ahmadinejad, cité par l'agence Irna. Mes mots sont les mots exacts du peuple iranien.»

Loin d'atténuer ses paroles unanimement condamnées comme «inacceptables» et «inquiétantes» par les Occidentaux, le président a dénoncé «le sionisme international et la politique expansionniste de l'arrogance mondiale», expression désignant communément Israël et les États-Unis.

Hier, M. Ahmadinejad était dans la foule réunie à Téhéran à l'occasion de l'annuelle «journée de Qods» (Jérusalem), instituée par Ruhollah Khomeiny, le fondateur de la République islamique, pour dénoncer «les crimes sionistes».

Dans la capitale, des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, ont ainsi marché au cri de «mort à Israël» et «mort à l'Amérique», sous des pancartes proclamant qu'«Israël doit être rayé de la carte».

Les manifestants ont rituellement brûlé les drapeaux israélien, américain et britannique ainsi qu'une effigie du premier ministre israélien Ariel Sharon.

La manifestation aurait eu des airs de kermesse sans une rhétorique sanguinolente et si des «candidats au martyre» (les opérations suicide) n'avaient défilé bardés de fausses charges de dynamites sous une banderole proclamant «Qods nous appartient».

Des rassemblements semblables ont eu lieu dans tout le pays. Ils ne se sont guère distingués cependant des années précédentes.

La plupart des personnes interrogées estimaient que leur président avait «dit ce que pensent tous les Iraniens». Elles déniaient sa légitimité à l'État d'Israël. Mais aucune quasiment ne prônait ni n'envisageait une destruction violente de l'État hébreu.

La diplomatie iranienne elle-même a paru engagée dans un exercice délicat pour limiter les dégâts, rappelant la ligne traditionnelle du régime déniant le droit à l'existence du «régime sioniste usurpateur».

Si la négation d'Israël est un dogme du régime, aucun dirigeant d'aussi haut rang n'avait depuis des années, avant M. Ahmadinejad, réclamé ouvertement qu'il soit «rayé de la carte».

«La position de l'Iran sur la Palestine n'a pas changé: ce sont les Palestiniens qui doivent défendre leurs droits et décider de leur sort», a déclaré l'un des plus hauts dirigeants iraniens, Ali Larijani.

Pour lui, l'Iran est victime d'une «manipulation médiatique»: «Les dirigeants sionistes et américains ont à plusieurs reprises réclamé le changement du régime iranien, et cela n'a jamais eu un tel impact», a-t-il dit.

Il s'agit, selon M. Larijani, qui est en charge du nucléaire iranien, de «faire croire que l'Iran cherchait à avoir la bombe atomique».

Israël et les États-Unis, confortés dans leur conviction par les déclarations de M. Ahmadinejad, sont les plus chauds partisans d'un envoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Or l'Agence internationale de l'énergie atomique pourrait avoir à se prononcer sur cette question lors de sa prochaine réunion à partir du 24 novembre.

Israël a réclamé hier une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Londres a annoncé qu'elle allait réclamer une déclaration du Conseil condamnant l'Iran.


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