Liberté de presse - Corée du Nord, Érythrée et Turkménistan: lanternes rouges

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AFP
Édition du jeudi 20 octobre 2005

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Paris -- Corée du Nord, Érythrée et Turkménistan font figure de «trous noirs de l'information dans le monde», mais de plus en plus d'États africains sont «bien classés» alors que les pays nordiques restent en tête du palmarès mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

Selon ce classement rendu public hier par l'organisation de défense de la liberté de la presse, figurent en fin de peloton la Corée du Nord (167e et dernière position), l'Érythrée (166e) et le Turkménistan (165e).

«Dans ces pays, la presse privée n'existe pas et la liberté d'expression est nulle, indique RSF. Les journalistes des médias officiels ne font que relayer la propagande de l'État. Tout écart est sévèrement réprimé.»

Les régions les plus difficiles au monde pour l'exercice de la liberté de la presse sont l'Asie orientale (Birmanie 163e, Chine 159e, Vietnam 158e, Laos 155e), l'Asie centrale (Turkménistan 165e, Ouzbékistan 155e, Afghanistan 125e, Kazakhstan 119e) et le Moyen-Orient (Iran 164e, Irak 157e, Arabie Saoudite 154e et Syrie 145e).

L'Irak a «encore dégringolé par rapport à 2004», constate RSF, en raison d'une situation sécuritaire détériorée des journalistes.

Au moins 24 professionnels des médias ont été tués dans ce pays depuis le début 2005, faisant de ce conflit le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale: 72 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués depuis le début de la guerre, en mars 2003.

Quelques démocraties occidentales reculent dans le classement 2005. Ainsi, les États-Unis (44e) perdent plus de 20 places, principalement en raison de l'incarcération de la journaliste du New York Times Judith Miller et de mesures judiciaires qui mettent à mal la protection du secret des sources.

Le Canada (21e) perd quelques places à la suite de «décisions qui fragilisent le secret des sources».

La France (30e) baisse aussi: perquisitions de locaux de médias, gardes à vue de journalistes et création de nouveaux délits de presse expliquent ce recul.

En tête figure, comme en 2004, l'Europe du Nord: le Danemark est le mieux classé devant la Finlande, l'Irlande, l'Islande, la Norvège et les Pays-Bas. Les dix premiers pays sont européens.

La Nouvelle-Zélande (12e), Trinidad et Tobago (12e), le Bénin (25e) et la Corée du Sud (34e) arrivent en tête pour les autres continents.

Des États qui ont récemment acquis ou retrouvé leur indépendance se montrent très respectueux de la liberté de la presse. Ainsi, neuf États figurent parmi les 60 premiers: Slovénie (9e), Estonie (11e), Lettonie (16e), Lituanie (21e), Namibie (25e), Bosnie-Herzégovine (33e), Macédoine (43e), Croatie (56e) et Timor-Leste (58e).

Plusieurs nations très pauvres sont également bien placées: Bénin (25e), Mali (37e), Bolivie (45e), Mozambique (49e), Mongolie (53e) et Niger (57e).

En Afrique, de plus en plus d'États gagnent des places: Mozambique (49e), Angola (76e), Guinée-Bissau (71e) ou Liberia (83e), au côté de pays traditionnellement respectueux de la liberté de la presse, comme le Cap-Vert (29e), l'Afrique du Sud (31e), l'île Maurice (34e) ou le Mali (37e).

Burkina Faso et Sénégal sont ex æquo 78es. Au Cameroun (83e), des journalistes sont encore régulièrement envoyés en prison.

En Érythrée (166e), avant-dernière du classement, «la liberté de la presse n'y existe tout simplement plus depuis le 18 septembre 2001», date à laquelle tous les médias privés ont été suspendus.


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