Dingwall dit avoir payé sa gomme à mâcher

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PC
Édition du jeudi 20 octobre 2005

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Le p.-d.g. démissionnaire de la Monnaie royale justifie ses comptes de dépenses

Ottawa -- Confronté à ses comptes de dépenses élevés devant un comité parlementaire, l'ex-président-directeur général de la Monnaie royale du Canada, David Dingwall, a maintenu hier qu'il n'avait rien à se reprocher, laissant même entendre qu'il pourrait avoir droit à une allocation de départ.

D'entrée de jeu, le p.-d.g. démissionnaire de la société d'État a donné le ton, affirmant qu'il avait été victime de «l'atmosphère empoisonnée» qui règne à Ottawa, où toutes les dépenses sont passées au crible par les partis d'opposition, à l'affût de scandales.

L'ancien ministre du gouvernement de Jean Chrétien a démissionné de son poste de président de la Monnaie royale il y a trois semaines, la journée même où des médias révélaient les détails de ses comptes de dépenses salés.

Bonne chère et exercice

Pour 2004 seulement, le bureau de M. Dingwall (ce qui comprend aussi les frais encourus par un petit groupe de proches conseillers) a soumis des dépenses de plus de 209 000 $, couvrant des repas dans des restaurants de luxe, un abonnement à un club de golf et toutes les dépenses liées à la voiture personnelle de M. Dingwall. Les documents indiquent aussi que la société d'État aurait remboursé 1,29 $ à l'ex-président pour un paquet de gomme.

«Je demeure convaincu que les vérificateurs en arriveront à la conclusion que les dépenses de mon bureau étaient toutes justifiées [...] et qu'ils constateront que la société n'a même jamais payé le paquet de gomme mentionné dans les médias», a déclaré M. Dingwall, brandissant un emballage de gomme pour appuyer ses propos.

La vérification en question devrait être rendue publique la semaine prochaine.

Cependant, plus que les comptes de dépenses de l'ex-président de la Monnaie royale, c'est l'idée qu'il reçoive une prime de départ qui a scandalisé les députés d'opposition, certains libéraux et le public. Le gouvernement affirme qu'il pourrait y avoir droit en vertu de son contrat.

Interrogé à plusieurs reprises sur cette question, M. Dingwall n'a jamais voulu dire qu'il n'aurait pas droit à une prime de départ, bien qu'il ait volontairement démissionné de son poste.

Les échanges ont rapidement tourné à l'affrontement, l'ancien ministre du gouvernement de Jean Chrétien n'ayant rien perdu de ses réflexes de politicien.

«Croyez-vous que, d'un point de vue éthique, vous avez droit à une prime de départ?», a lâché le néo-démocrate Ed Broadbent.

«Je crois que j'ai droit à tout ce qui me revient», a répliqué le témoin, bronchant à peine devant l'exaspération et la frustration des députés.

Désinformation

Combatif, il a même accusé Brian Pallister, le député conservateur qui a mis au jour toute l'histoire, de mener une campagne de désinformation sur ses comptes de dépenses en propageant de «fausses informations». «Moi aussi, je peux lancer des allégations», a-t-il crâné, haussant un peu le ton.

Comme il l'avait écrit dans sa déclaration distribuée la journée de sa démission, M. Dingwall a promis de rembourser toutes les sommes si les vérificateurs trouvent des erreurs.

«Je fais cet engagement le coeur léger puisque je suis sûr qu'aucune erreur n'a été commise», a-t-il noté.

Il a aussi précisé qu'il n'a pas dépensé l'argent des contribuables puisque la société d'État s'est mise à enregistrer des profits au moment de son arrivée à sa tête. Cet argument justifie-t-il vraiment ces dépenses élevées?, a demandé la députée bloquiste Louise Thibault.

Selon M. Dingwall, les dépenses étaient nécessaires pour contribuer à l'expansion des affaires de la Monnaie royale et trouver de nouveaux clients.


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