Négociations à Paris - «Ça joue dur» sur la diversité culturelle, reconnaît Liza Frulla

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC
Édition du lundi 17 octobre 2005

Mots clés :

Les Américains tenteront aujourd'hui d'ouvrir une bataille d'amendements pour diminuer la portée de la convention

Paris -- Même s'ils semblent avoir perdu cette bataille, les États-Unis multiplient les manoeuvres de dernière minute pour contrer l'adoption par l'UNESCO de la convention sur la Diversité culturelle.

«C'est très très difficile. Ça va passer, mais ça joue très dur», a résumé hier la ministre canadienne du Patrimoine, Liza Frulla, surprise, «comme tout le monde», par l'agressivité des Américains.

«La pression est énorme. C'est pire que ce qu'on prévoyait», a-t-elle ajouté, en dénonçant les attaques de la presse américaine de droite, le Wall Street Journal, en particulier, qui vient de comparer les Canadiens à des «kapos de la culture», une allusion aux gardiens des camps nazis.

Réunie au siège de l'organisation, la Conférence générale de l'UNESCO se penche aujourd'hui sur le projet de «convention sur la diversité des contenus culturels et des expression artistiques». Le texte sera soumis au vote jeudi. Selon Mme Frulla, il est assuré de recevoir l'appui de plus de 155 pays (sur 191 membres).

Ce «consensus historique» n'a pas découragé les Américains. Ceux-ci ont lancé ces derniers jours une vaste offensive diplomatique pour tenter d'y faire obstacle, une «offensive venue directement de la Maison-Blanche», note Mme Frulla, et dont la secrétaire d'État, Condoleezza Rice, a pris la tête.

À l'UNESCO, on prévoit que les Américains tenteront aujourd'hui d'ouvrir une bataille d'amendements (ils en auraient préparé près d'une trentaine) pour diminuer la portée de la convention. Cet ultime coup de force, cependant, n'a guère de chance de réussir.

«Leur stratégie est d'édulcorer le texte pour, au bout du compte, ne pas le signer, lance Liza Frulla. Mais notre position est immuable. Le texte est ce qu'il est. Il n'est pas question de changer une virgule. Non seulement le consensus demeure très fort, mais le sentiment maintenant, c'est que "enough is enough" [assez, c'est assez].»

Pendant le week-end, Liza Frulla a multiplié les contacts bilatéraux avec les alliés du Canada (comme la France, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Mexique), dont l'appui demeure «indéfectible».

La question est maintenant de savoir comment réagiront les Américains devant une défaite apparemment inévitable. À Paris, certaines rumeurs vont jusqu'à prédire qu'ils pourraient claquer la porte de l'UNESCO, eux qui viennent juste d'y revenir après une vingtaine d'années d'absence.

«Tout est possible, il y a plein de rumeurs, signale la ministre. Il peuvent claquer la porte une deuxième fois, mais le message qu'ils enverraient au monde, ça serait "It's our way or no way [c'est ça ou rien]". Mais ce n'est pas rien de claquer la porte devant 150 ou 155 pays.»


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com