Venezuela - La CIA est accusée d'avoir attenté à la vie d'un magistrat
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Caracas -- Le procureur général du Venezuela, Isaias Rodriguez, a accusé hier la CIA d'avoir participé à l'assassinat dans un attentat à la voiture piégée le 18 novembre 2004 d'un magistrat vénézuélien chargé des affaires politiques sensibles.
Selon M. Rodriguez, l'enquête a établi que des agents de l'agence de renseignement américaine avaient participé à des réunions à Miami, au Panama et à Maracaïbo au Venezuela, au cours desquelles l'assassinat avait été «planifié».
La victime, Danilo Anderson, 38 ans, était une personnalité de premier plan de par ses enquêtes sur des affaires politiques au Venezuela, notamment le coup d'État du 12 avril 2002 qui a chassé le président Hugo Chavez du pouvoir pendant 47 heures.
Le magistrat avait ainsi mené une enquête sur un groupe de 400 personnes qui avaient conclu un pacte de soutien au putschiste Pedro Carmona, pendant son bref passage au pouvoir.
Trois anciens policiers, exécutants présumés de l'attentat, sont détenus et deux autres suspects se trouvent aux États-Unis, selon le procureur général. L'identité de deux instigateurs de l'attentat sera dévoilée lors du procès qui doit s'ouvrir le 4 juin prochain, a-t-il encore précisé.
Témoins
Plusieurs démarches visant la remise des suspects ont été effectuées sans succès auprès du gouvernement américain, selon le procureur.
M. Rodriguez a annoncé la venue au procès de plusieurs témoins, bénéficiant d'une protection spéciale depuis quatre mois et qui ont déjà dû être déplacés à sept reprises en raison de tentatives d'attentat.
L'enquête doit encore mettre en évidence d'autres responsables et de possibles complicités financières.
Selon M. Rodriguez, l'attentat contre le magistrat a été commis par une organisation de «délinquance internationale» ayant pour objectif d'assassiner le président vénézuélien Hugo Chavez et lui-même.
Le procureur a accusé les milices d'extrême droite Autodéfenses unies de Colombie et la CIA d'avoir volontairement contribué à détourner l'attention dans le but d'affaiblir le dispositif de sécurité.

