Veille de référendum en Irak - Attaques contre un parti sunnite

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AFP
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 octobre 2005

Mots clés : constitution

Des soldats américains surveillaient hier un bureau de scrutin à Bakouba.

Photo: Agence Reuters

Bagdad -- L'Irak vivait au ralenti hier, quadrillé par d'importantes forces de sécurité, à la veille du référendum sur le projet de Constitution, alors que la violence a baissé au cours des dernières 24 heures.

Partisans et opposants du texte, qui doit jeter les bases du nouvel État irakien, ont profité de la prière hebdomadaire pour galvaniser la foule. Des manifestations se sont déroulées à la sortie des mosquées dans des quartiers sunnites et chiites de la capitale.

Mais alors que les fidèles sunnites dénonçaient le projet de Constitution, les partisans du jeune chef chiite Moqtada al-Sadr appelaient à l'éradication des anciens baassistes et à l'exécution du président déchu, Saddam Hussein, à cinq jours de son procès.

Trois permanences du Parti islamique, qui a appelé à voter oui au référendum, ont été attaquées hier. À Fallouja, bastion sunnite symbole de la rébellion à 50 km à l'ouest de Bagdad, la permanence a été incendiée peu après l'arrivée dans la ville d'urnes pour les cinq bureaux de vote. En deux jours, six attaques ont visé des bureaux de la principale formation politique sunnite.

Devant les craintes de violences à l'approche du scrutin, un important dispositif policier a été déployé, tandis que les opérations coups-de-poing contre les rebelles se sont multipliées. Cinq Irakiens, dont quatre policiers, ont été tués hier dans différentes attaques, portant à onze le nombre de morts en deux jours, un chiffre en baisse comparativement à celui de 90 morts du début de la semaine.

La vie des Irakiens, mis en congé forcé pendant trois jours, était bouleversée par les mesures draconiennes de sécurité. Le couvre-feu nocturne a été imposé durant huit heures, et le port d'armes a été interdit aux civils, y compris aux gardes de sécurité privés et aux milices. À partir de minuit, le pays devait être isolé du reste du monde pendant deux jours. Le trafic aérien civil est suspendu depuis ce matin jusqu'à demain y compris.

Les postes frontières devaient être fermés à partir de minuit et jusqu'à 18h demain, sauf pour les véhicules transportant des produits alimentaires, de l'eau et de l'essence. Le trafic automobile devait être interdit entre les provinces durant la même période, excepté aux convois gouvernementaux et militaires. La circulation automobile est totalement interdite le jour du scrutin.

Autour du bureau de vote de Salhiya, dans le centre de Bagdad, une vingtaine de soldats étaient déployés tandis que des barrages, renforcés par des véhicules équipés de mitrailleuses et des blocs de béton armé, étaient érigés aux alentours.

«Nous avons des ordres stricts. Les votants devront rester à 200 ou 300 mètres du bureau, et être soumis à une fouille minutieuse afin de leur confisquer leurs téléphones portables», a indiqué un des policiers.

Le vote se poursuivait hier pour le deuxième jour consécutif dans les centres de détention et les hôpitaux. La moitié des détenus de la prison d'Abou Ghraïb ont déjà voté, soit 2100 sur les 4100 inscrits, a indiqué Farid Ayyar, ajoutant qu'il ne disposait pas de chiffres pour les autres centres.

Selon la commission, les résultats sont attendus sous quatre à cinq jours en raison de problèmes de communications et de la situation sécuritaire.


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