Réduction des GES: la tâche du Québec se complique
Mots clés : environnement, pollution
Selon le bilan déposé par le Canada auprès de l'ONU, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec ont bondi, passant de 1,7 % en 2002 au-dessus du niveau de 1990 à 8,6 % en 2003 au-dessus de cette année-repère définie par le protocole de Kyoto.
Toutefois, même avec cette forte augmentation, les émissions du Québec demeurent parmi les plus basses par habitant au Canada en raison de l'importance de l'hydroélectricité dans son bilan énergétique. Selon le bilan déposé à l'ONU, le Canada dépassait de 24 % en 2003 le niveau de ses émissions en 1990, ce qui l'obligera à réduire de 30 % au minimum ses émissions pour atteindre l'objectif de Kyoto.
Selon le dernier bilan canadien, accessible sur Internet, jamais depuis 1990 le Québec n'avait vu ses émissions augmenter aussi substantiellement en une seule année. Or l'année 2003 avait bien commencé, mais elle s'est mal terminée. Le plan de réduction des émissions, qui semblait sur le point d'être renforcé à la suite de la commission parlementaire de l'hiver 2003, n'a connu aucune suite après les élections provinciales du mois d'avril suivant.
Faute de plan de match, l'augmentation des émissions de 7,1 % survenue entre 2002 et 2003 provenait principalement des secteurs du commerce et des institutions, de la production d'électricité -- des centrales comme Tracy ont alors roulé à fond pendant des mois --, des besoins en chaleur des résidences et de la hausse incontrôlée de la consommation dans le secteur des transports.
Les producteurs québécois d'aluminium, qui ont réduit de
15 % leurs émissions de GES entre 1990 et 2003, les ont toutefois accrues de 1 % entre 2002 et 2003. Mais les émissions des producteurs de magnésium ont été réduites de 22 % au cours de la même période en raison de la fermeture de l'usine Magnola. De leur côté, les émissions du secteur agricole n'ont pas augmenté, sauf du côté des producteurs de céréales et de grain.
À Québec, deux ans et demi plus tard, on planche toujours sur une stratégie et sur un plan d'action que le premier ministre Jean Charest annoncerait fièrement, fin novembre, alors que débutera à Montréal la onzième conférence des signataires de la convention de Rio sur les changements climatiques et la première conférence des signataires du protocole de Kyoto. Le plan québécois serait en ce moment enlisé dans les grands comités interministériels, où l'utilisation du peigne fin, selon les priorités des grands intérêts économiques, atténue un peu plus chaque jour les scénarios élaborés au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Les groupes environnementaux québécois devraient commenter aujourd'hui l'inertie qui, à leur avis, règne sur la Grande Allée à Québec.
Selon les informations obtenues par Le Devoir, le plan d'action débattu entre les ministères prévoit notamment une intensification des mesures d'économies d'énergie dans le secteur industriel, des incitations financières pour les véhicules qui consommeront moins de cinq litres aux 100 kilomètres (hybrides, non hybrides, y compris les motos, et tout-électrique). On songe aussi à moderniser le Code du bâtiment et à lancer un programme de toits verts. Le programme d'inspection des véhicules automobiles, qui se limite en ce moment à des inspections annuelles de véhicules lourds sans obligation de réparer, serait étendu aux voitures de plus de cinq ans, soit après la fin de la garantie légale des constructeurs.
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