Selon Jacques Ménard, l'auteur du controversé rapport sur le financement de la santé - Les Québécois sont prêts à payer plus pour la santé
Mots clés : financement
Jacques Ménard, auteur du controversé rapport sur le financement de la santé dévoilé en juillet dernier, croit que la population sera prête à payer une cotisation supplémentaire pour des services de santé si la situation budgétaire actuelle et future lui est bien expliquée.
Le président du Comité de travail sur la pérennité du système de santé et des services sociaux du Québec a rencontré l'Association des MBA, hier à Montréal, pour expliquer son rapport de juillet dernier, qui avait suscité d'importantes critiques de groupes sociaux et syndicaux qui désapprouvaient certaines de ses recommandations.
Des groupes lui avaient en effet reproché son ton alarmiste sur la situation financière du Québec, la trop grande place qu'il accordait au privé, de même que sa suggestion d'instituer une caisse d'assurance contre la perte d'autonomie.
Cette caisse serait financée par des cotisations universelles des Québécois, variant selon l'âge et la capacité de payer. La perte d'autonomie d'une personne serait évaluée. Celle-ci recevrait ensuite une prestation dont elle pourrait disposer pour obtenir ses services auprès d'un CLSC, d'une entreprise privée ou d'un aidant naturel.
Le comité avait aussi proposé d'instituer un Fonds patrimonial pour rembourser la dette, créé à partir des augmentations des tarifs d'électricité.
Ces choix budgétaires et sociaux difficiles, M. Ménard croit que le public sera prêt à les faire si la situation financière du Québec lui est bien expliquée, a-t-il soutenu lors d'un point de presse après son allocution.
Cette situation financière, M. Ménard la qualifie de «mur de brique» contre lequel le Québec va prochainement se heurter. «Le mur de brique qui nous attend si rien ne change, c'est 6,6 milliards de dollars de déficit par année d'ici 10 ans. Uniquement en santé et en services sociaux. Onze milliards d'ici 15 ans, 28 milliards d'ici 25 ans. Pas 28 milliards additionnés au bout de la période, mais 28 milliards de déficit par année», a-t-il martelé.
«Il y a 20 ans, les dépenses en santé et services sociaux comptaient pour 32 % des dépenses de programme du gouvernement. Aujourd'hui, c'est 43 %. À ce rythme, d'ici 25 ans, ce serait 68 % des dépenses de programme», a-t-il ajouté pour illustrer l'urgence des décisions à prendre.
Une commission parlementaire est prévue en février, où il sera question du financement et de l'accès aux soins de santé, dans le contexte de l'arrêt Chaoulli de la Cour suprême, en juin dernier, qui avait ouvert la voie au recours à l'assurance médicale privée pour obtenir des soins de santé. Toutes ces questions seront alors débattues.

