Le PQ renonce aux médias souverainistes

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Robert Dutrisac
Édition du jeudi 13 octobre 2005

Mots clés : pq

S'il est élu, le parti entend plutôt créer un réseau de télévision et de radio «national»

Québec -- La direction du Parti québécois a fait disparaître de son nouveau programme la mention, votée lors du congrès national du parti en juin dernier, selon laquelle «un gouvernement du Parti québécois formera des médias souverainistes».

Cette mention jugée indésirable, inscrite dans la version préliminaire du nouveau programme datée du 23 juin, a été remplacée en octobre par la formulation suivante: «Le Parti québécois entend créer un réseau de télévision et de radio national.»

Plusieurs députés péquistes et des membres de la direction du PQ trouvaient inacceptable qu'on suggère que le gouvernement du Québec puisse créer -- et donc contrôler -- des médias souverainistes, autant de petites Pravda mobilisées pour la cause. «Un gouvernement ne peut pas former de médias souverainistes. C'est contraire à la Charte [des droits et des libertés de la personne] et ça contrevient à la liberté d'expression», estime le député de Mercier, Daniel Turp, porte-parole en matière de culture et de communications.

La direction du parti ne peut pas s'arroger le pouvoir de modifier comme bon lui semble le programme adopté par les membres. Elle ne peut procéder à des changements que pour des raisons de concordance et de correction linguistique ou en cas d'erreur manifeste. Le porte-parole du parti, Joël Simard-Ménard, a expliqué hier que la mention sur les médias souverainistes faisait bel et bien partie d'une proposition adoptée lors de la plénière du congrès national mais qu'elle s'y retrouvait par erreur. Cette mention avait auparavant été rejetée lors de l'atelier qui portait sur le premier enjeu du programme -- «Proposer un projet de pays» -- et qui s'était déroulé la veille de la plénière, a-t-il soutenu. À la plénière, les membres ne pouvaient que voter pour ou contre les propositions, sans pouvoir les amender, mais ils avaient toutefois le loisir de les scinder. Ils auraient donc voté -- les yeux fermés, en quelque sorte -- pour une proposition-fleuve qui contenait, entre autres, cette volonté d'un gouvernement péquiste de se doter de ses propres médias pour promouvoir la souveraineté.

En atelier

C'est le Comité national des jeunes (CNJ) qui a proposé cette idée de créer des médias souverainistes à même les fonds publics au moment où les militants discutaient en atelier d'un amendement présenté par Marc Laviolette, du SPQ libre (Syndicalistes et progressistes pour le Québec libre). Hier, le président du CNJ, Claude Villeneuve, ne semblait pas tenir à cette idée et se disait satisfait de la formulation actuelle.

C'est l'amendement de M. Laviolette, visant la création d'un réseau de télévision et de radio national, qui se retrouve dans la dernière version du programme. Joint hier, M. Laviolette a souligné que, d'après les notes qu'il avait prises pendant l'atelier, son amendement avait été adopté tandis que celui du CNJ avait été battu.

On retrouve dans le programme deux références à un réseau national de radio et de télévision. Dans le chapitre 1, qui porte sur la réalisation de la souveraineté, on propose donc de créer ce réseau national au lendemain des élections. Dans le chapitre 2, qui traite de la promotion de l'identité, de la langue et de la culture, le PQ se fixe comme objectif de créer une radio publique nationale, de donner à Télé-Québec un mandat d'information régionale, nationale et internationale avec les moyens financiers appropriés et de lancer «le plus rapidement possible» une chaîne télévisuelle d'information continue.

Modifications

Par ailleurs, la direction du PQ s'est permis de modifier une formule qui se retrouvait un peu partout dans le programme. Au lieu de la formulation «un gouvernement du Parti québécois fera», on a préféré une tournure moins contraignante: «le Parti québécois entend» faire, créer, etc. Le programme ne lie plus directement un futur gouvernement du PQ: ce sera à la plate-forme électorale de le faire, a-t-on indiqué.

Autre changement effectué par la direction du parti, mais il s'agit dans ce cas de corriger une erreur manifeste: on a biffé le passage contenu dans la version préliminaire de juin où il est prévu d'étendre aux cégeps les dispositions de la loi 101 sur la langue d'enseignement qui visent les niveaux primaire et secondaire. Cette proposition, défendue notamment par Yves Michaud et Mario Beaulieu, a été battue lors du congrès.

La version du programme péquiste rendue publique la semaine dernière se veut presque finale, a-t-on signalé. Le programme sera officiellement adopté par la Conférence des présidents du PQ en décembre, donc après la course à la direction du parti.


Vos réactions


Le souhait de Pierre Bourgault. - par Marie-France Legault (mfy.legault@videotron.ca)
Le vendredi 21 octobre 2005 09:00

Ils sont déjà souverainistes - par Paul Paradis (parapau@lycos.com)
Le jeudi 13 octobre 2005 17:00

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