Malgré la perspective de revenus plus importants pour Québec - Pas question de privatiser la SAQ

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Édition du jeudi 13 octobre 2005

Mots clés : privatisation

«On ne peut pas dire qu'on ressent beaucoup de pression»

Dans une succursale de la SAQ à Montréal: «Est-ce qu'on en a pour notre argent?

Photo: Jacques Grenier

Québec -- Malgré la perspective de revenus plus importants dans les coffres de l'État, le gouvernement Charest n'a aucunement l'intention de privatiser la Société des alcools du Québec (SAQ).

«Ce n'est pas un chantier que je veux ouvrir pour le moment», a affirmé hier le ministre des Finances, Michel Audet, en entrevue à la Presse canadienne.

La question de savoir s'il vaut mieux privatiser la SAQ ou laisser dans les mains de l'État le monopole de la vente d'alcool revient périodiquement hanter chaque gouvernement. La semaine dernière, l'Institut économique de Montréal (IEM) en est venu à la conclusion, à partir de l'exemple de l'Alberta, que le Québec devait lui aussi privatiser la vente de l'alcool.

L'auteur de l'étude menée par l'IEM rejette notamment l'idée voulant que le monopole d'État aide à diminuer la consommation d'alcool de même qu'à freiner la contrebande. De plus, l'Alberta a démontré depuis une dizaine d'années que la privatisation pouvait accroître les revenus pour l'État.

Mais le ministre des Finances ne juge pas opportun de lancer un débat sur cette question, même s'il fait partie d'un gouvernement partisan des partenariats public-privé et de la réduction de la taille de l'État. «Privatiser à tout prix n'est pas notre priorité», assure-t-il.

Il n'y a même pas d'étude menée actuellement ou de groupe de travail mandaté présentement par le gouvernement pour analyser les avantages et inconvénients d'une privatisation. Pour justifier le statu quo, M. Audet fait valoir que la population est satisfaite du service offert par la SAQ sur tout le territoire du Québec. «On ne peut pas dire qu'on ressent beaucoup de pression actuellement pour modifier le statut et les règles du jeu de la SAQ», ajoute-t-il. Quant à savoir s'il est normal, en 2005, que l'État se mêle du commerce de la consommation d'alcool, alors qu'il ne le fait pas pour d'autres produits, «il n'y a pas d'idéologie de base là-dedans».

L'important, à ses yeux, consiste à se demander: «Est-ce qu'on en a pour notre argent? Est-ce qu'on a le meilleur rendement pour notre argent?» À ces questions, il répond «qu'il y a place à l'amélioration», malgré les 545 millions de dividendes engrangés l'an dernier.

Pour satisfaire le gouvernement, la SAQ devra donc certainement réduire ses frais d'exploitation et ses coûts de gestion d'inventaire, de même qu'assurer une meilleure présentation des produits québécois sur ses tablettes, plaide le ministre.

Prudent, M. Audet ne veut pas se casser les dents, comme d'autres l'ont fait avant lui. Il rappelle qu'il était sous-ministre associé au ministère de l'Industrie et du Commerce en 1983, quand le ministre péquiste Rodrigue Biron avait tenté de privatiser le commerce de l'alcool. «Cela a été un échec et cela a laissé des séquelles énormes. Il y a eu une tentative et cela a été raté. On ne recommencera pas à faire les erreurs des autres. Avant de se lancer là-dedans, il faut y réfléchir à deux fois», dit M. Audet.

Plus tard, le gouvernement de Robert Bourassa avait lui aussi jonglé avec l'idée de privatiser la SAQ.


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