Éducation postsecondaire - La bataille du partage des fonds fédéraux est engagée
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Photo: Jacques Grenier
La rencontre d'aujourd'hui doit d'abord permettre d'établir les besoins de chacune des provinces et ensuite mener à un sommet sur l'éducation postsecondaire et la formation professionnelle plus tard cet automne, en Ontario. «On ne sortira pas de chiffres de cette rencontre-là [celle d'aujourd'hui]», prévient toutefois Stéphane Gosselin, l'attaché de presse du ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier.
Menée par Québec, la demande des provinces pour un rétablissement du financement du Transfert canadien en matière de programmes sociaux (TCPS) à son niveau de 1994-95 -- 4,2 milliards pour le Canada, environ un milliard pour le Québec -- a franchi un pas de plus cette semaine grâce à l'ouverture démontrée par la ministre fédérale Belinda Stronach.
C'est du moins l'analyse qu'en fait le cabinet du ministre Fournier, lequel décode une «avancée importante» dans cet appui témoigné lundi par la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Belinda Stronach. Au terme d'un entretien lundi entre Mme Stronach et M. Fournier, aussi président du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada (CMEC), Québec avait de quoi se réjouir.
«Nous avons vu un changement de ton, c'est vrai», a expliqué cette semaine Stéphane Gosselin. «Pour nous, c'est un pas important, et le reste, on le souhaite, viendra plus tard.»
Mme Stronach a affirmé par voie de communiqué que son gouvernement partage «la volonté des provinces et des territoires de développer et de maintenir des systèmes d'enseignement postsecondaire à la mesure des enjeux et défis de la société».
Cette simple reconnaissance de l'importance des besoins des provinces en enseignement supérieur, même sobrement énoncée dans un communiqué de presse, revêt des allures de victoire par rapport au refus de même examiner la question qu'avaient essuyé les provinces cet été.
Pendant que le dossier politique suit son cours, les futurs bénéficiaires des transferts fourbissent leurs armes. Comme en font foi des lettres publiées récemment en nos pages et signées tant par le réseau des collèges que par celui des universités, la lutte s'annonce serrée.
«Attendons d'abord que le fric soit en ville, nous verrons ensuite comment nous le partager», affirme le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher. «Mais une chose est certaine, et elle doit être comprise de tous: les collèges ont des besoins au moins aussi grands que ceux des universités.»
L'appétit des collèges est évalué, pour l'heure, à 245 millions de dollars. Les universités, elles, évoquent toujours les 375 millions qui manquent pour les rapprocher de la moyenne canadienne, une évaluation déjà vieille de trois ans.
Dans une lettre publiée cette semaine dans Le Devoir et cosignée par la Fédération des cégeps, la Fédération étudiante collégiale du Québec et trois syndicats d'employés CSN et FTQ, le réseau collégial évalue à 40 % de la cagnotte (220 millions sur un montant hypothétique de 550 millions) la somme qui pourrait lui revenir en vertu de sa part relative dans le réseau de l'enseignement.
«Le calcul ne se fera pas nécessairement comme cela», réplique l'attaché de presse du ministre Fournier, Stéphane Gosselin. «Nous considérons les cégeps au même titre que les universités lorsqu'on parle d'enseignement postsecondaire. Mais cela ne veut pas dire que les besoins des deux réseaux sont égaux.»
En pleine période de négociation, la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) a accepté de signer une lettre avec la partie patronale sur ce sujet. «C'était important pour nous de marquer le coup et de signifier que le réseau collégial parle d'une même voix», explique le président de la FNEEQ, Ronald Cameron. «Les universités donnent l'impression qu'elles sont les seules dans le portrait, mais l'enseignement supérieur, c'est aussi les collèges.»
Les deux autres fédérations d'employés, la FEC-CSQ et la Fédération autonome du collégial (FAC), ont refusé de signer la lettre mais ont expédié aux médias des textes soutenant le même type de position.
À la mi-septembre, le recteur Roch Denis, dirigeant de l'UQAM mais aussi président de la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ), affirmait toute l'importance d'une bataille rangée des universités pour ces transferts fédéraux, essentiels au maintien de la qualité des établissements. «Et l'engagement du premier ministre Charest et du ministre Fournier de réinvestir dans les universités toutes les sommes qui pourraient découler d'une éventuelle entente sur les transferts est là pour en témoigner», écrivait-il dans Le Devoir.
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