Théâtre - La fougue de la jeunesse
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Créée à l'occasion du 25e anniversaire du Petit à Petit, Unity, 1918 poursuit à présent sa course au Théâtre Denise-Pelletier. À l'heure des publics cibles, cette pièce racontant comment l'épidémie de grippe espagnole décime les jeunes d'un village des Prairies se voit destinée à une clientèle presque du même âge que ceux qui évoluent dans ce drame écrit par Kevin Kerr, un auteur dramatique du Canada anglais. Naturellement, cela n'enlève rien à un spectacle dont le jeu d'ensemble est particulièrement saisissant.
«Dès que j'ai lu le texte, cette opposition a été une des choses qui m'a accroché, mais aussi la présence des femmes. Que ce soit une pièce sur celles qui sont restées et qui se battent tout autant que les soldats qui sont partis... Et comme j'ai souvent côtoyé la mort, cette expression de la mort comportant beaucoup de délicatesse et d'humour, j'ai vu tout de suite ce que je pourrais en faire, mais aussi les pièges. Je ne voulais pas que ça ait l'air d'une saga de village à la Jos Violon. Or, cette écriture-là pouvait m'éviter de tomber là-dedans et me permettre de confronter une époque, une province, un pays que je connais peu et de passer par-dessus certains préjugés... Très rapidement, comme la distribution était très jeune, la fougue de ces gens-là et le côté battant se sont tout de suite imbriqués l'un dans l'autre et ont porté le flambeau de cette lutte contre une épidémie... Et le lendemain de la première, le SRAS frappait... »
En outre, presque toute la distribution originale est de retour pour la reprise. À commencer par celui et celles qui y incarnent les trois figures de proue. C'est ainsi que le public retrouvera, dans un autre rôle d'adolescente rebelle, Sophie Cadieux, mais surtout Jennie-Anne Walker, éblouissante de candeur dans cette tragédie aux dimensions épiques. L'homme du trio, Steve Laplante, ajoute, de son côté, une belle composition de soldat aveugle à une feuille de route drôlement impressionnante pour cet acteur qui a fait ses premières armes avec Wajdi Mouawad.
Comment le metteur en scène, Claude Poissant, est parvenu à réunir une distribution aussi homogène que brillante? Il répond sans la moindre hésitation: «Je vois tellement de jeunes partout dans les shows de jeunes troupes ou dans les écoles. Par exemple, Jennie-Anne, ça faisait trois ou quatre fois que je la voyais jouer. Je la trouvais bouleversante. Je me demandais simplement si elle avait la profondeur voulue pour le rôle. Une rencontre avec elle m'a convaincu. Même principe pour Sophie Cadieux. Et pour toute l'équipe, c'est ça.»
À entendre Claude Poissant parler ainsi, on se dit: «En voilà un qui a pu insuffler la fougue de la jeunesse à Unity, 1918 parce qu'il ne l'a jamais perdue.» Pour vous en convaincre, mais aussi pour la voir grandement mise à l'épreuve, cette fougue, direction Saskatchewan, à la fin de la Première Guerre mondiale, c'est-à-dire au Théâtre Denise-Pelletier, où une fois de plus la grande faucheuse entre en action.
Unity, 1918, de Kevin Kerr, mise en scène de Claude Poissant, au Théâtre
Denise-Pelletier jusqu'au 15 octobre.
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