Le temps presse pour l'ONU

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AFP
Édition du vendredi 09 septembre 2005

Mots clés : onu

L'organisation attend toujours la Constitution pour la distribuer aux Irakiens

Bagdad -- La mission de l'ONU à Bagdad a dit hier attendre toujours une version du projet de Constitution pour pouvoir la diffuser auprès des Irakiens et s'est alarmée de l'état des droits de l'homme dans le pays.

«Nous ne pensons pas que le texte sera disponible avant dimanche car ils [les leaders politiques irakiens] n'ont pas encore achevé leurs discussions», a déclaré Nicholas Haysom, chargé de la Constitution irakienne au sein de la mission de l'ONU à Bagdad.

Selon lui, le projet de texte peut subir de «nouveaux changements» et la prochaine réunion du parlement n'est prévue que dimanche, ce qui perturbe les plans de l'ONU de le mettre rapidement sous presse.

«Cela nous pose un véritable défi», a estimé M. Haysom, qui s'était déjà inquiété mardi du retard pris pour l'impression du document, dont l'ONU veut vite distribuer des millions d'exemplaires à travers l'Irak.

«Nous n'avons plus que six semaines. Il faut au moins deux semaines pour l'impression, et la distribution peut prendre près d'un mois», avait-il dit.

Le lendemain, le premier ministre irakien, Ibrahim Jaafari, avait considéré le projet comme achevé. «C'est une question de jours, et l'Irak et le monde verront la naissance de la Constitution», a-t-il affirmé.

Droits de l'homme

Dans un rapport, la mission d'assistance de l'ONU pour l'Irak (UNAMI) s'est alarmée des violations des droits de l'homme, condamnant les actes de violence et critiquant le comportement des forces de l'ordre locales. Le rapport brosse un sombre tableau de la situation au cours des mois de juillet et août et appelle les autorités à respecter leurs obligations en matière de droits humains.

Il souligne l'«inquiétude [de l'ONU] pour le manque de protection des droits civiques, culturels, économiques, politiques et sociaux» des Irakiens.

«Les insurgés continuent de prendre pour cibles les civils innocents, dont les enfants, les policiers, les hommes politiques, les diplomates, les défenseurs des droits de l'homme et ceux qui sont liés à la Force multinationale ou perçus tels», constate le texte.

«Des corps continuent à émerger à Bagdad et ailleurs, la plupart portent des signes de torture et semblent résulter d'exécutions extrajudiciaires», ajoute le document, qui rappelle les principaux incidents et attaques meurtriers, dont la bousculade de Bagdad qui a fait près d'un millier de morts le 31 août. Il rappelle également les découvertes de corps, dont plus de 30 ont été signalés récemment au sud de Bagdad, en indiquant que des familles avaient accusé de ces exécutions des «forces liées au ministère de l'Intérieur».

Le document fait état de renseignements sur un «usage excessif de la force» de la part de policiers irakiens agissant seuls ou avec la Force multinationale. Le rapport indique que de nombreuses rencontres avaient eu lieu avec les responsables irakiens à ce sujet et affirme que l'ONU s'attend à ce que ces violations fassent l'objet d'enquêtes.


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