Moubarak est largement en tête

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Reuters
Édition du vendredi 09 septembre 2005

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Le taux de participation au scrutin égyptien a été très faible

Hosni Moubarak

Photo: Agence Reuters

Le Caire -- La commission électorale a rejeté hier l'appel d'un candidat d'opposition en faveur de l'organisation d'un nouveau scrutin présidentiel en Égypte, rendant quasiment certaine la large réélection de Hosni Moubarak dès le premier tour.

«La commission a examiné cette demande et l'a rejetée», a déclaré un porte-parole de cette institution, qui a plusieurs fois débouté les organisations de défense des libertés publiques avant le scrutin.

L'avocat libéral Ayman Nour, le plus en vue des neuf adversaires du chef de l'État, avait affirmé que l'élection de mercredi, première consultation pluraliste au suffrage universel de l'histoire égyptienne, avait été entachée de fraudes. «Peu importe que nous obtenions 1 % ou

51 %, il s'agit de la légitimité du processus. Comme on pense que le processus a été faussé, nous allons déposer des recours de droit», a déclaré Hicham Kassim, un collaborateur d'Ayman Nour.

Les autorités ont reconnu l'existence d'irrégularités mais assuré qu'elles étaient sans gravité. La réélection à un cinquième mandat de six ans de Hosni Moubarak, 77 ans, ne semble faire aucun doute. Selon la commission électorale, le président sortant, au pouvoir depuis 1981, obtient plus de 70 %des suffrages après dépouillement de 72 % des bulletins. Les résultats complets sont attendus en fin de semaine.

Mohamad Kamal, directeur de campagne de Moubarak, a assuré que, dans l'ensemble, l'élection avait été libre et honnête, en dépit de «petits incidents ici ou là».

La campagne électorale a été d'une vivacité sans précédent dans un pays qui n'a pas connu de présidentielle pluraliste depuis son indépendance. Le scrutin lui-même semble avoir été moins frauduleux que ne le craignaient des Égyptiens. Mohamed el-Sayed Saïd, directeur adjoint du centre al-Ahram, a évoqué une «manipulation étendue du processus électoral», mais Hafds Abou Saïda, secrétaire général de l'Organisation égyptienne des droits de l'homme, a constaté que les autorités avaient moins recouru que par le passé à leurs méthodes habituelles de trucage.

Ghada Shahbender, porte-parole du groupe de surveillance Shayfeencom, a pour sa part relevé de graves problèmes d'organisation et de procédure mais a noté que les forces de sécurité ne s'étaient pas immiscées dans les opérations de vote.

En revanche, les organisations de défense des droits civiques et les observateurs s'accordent à constater que le taux de participation a été très faible alors que les autorités l'ont décrété élevé.

De source bien informée, on déclare qu'il s'est établi à 17 % à Alexandrie, la deuxième ville du pays, et à 24 % à Islamïlia, dans l'est, où Moubarak recueillerait autour de 85 % des voix.


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