L'Allemagne se dirige vers un gouvernement de coalition

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Reuters
Édition du vendredi 09 septembre 2005

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Berlin -- Un nouveau sondage publié hier a confirmé le grignotage par les sociaux-démocrates de l'avance prise par les démocrates-chrétiens, à dix jours des élections législatives allemandes, ce qui rend de plus en plus plausible une grande coalition CDU-CSU-SPD.

Selon une étude Infratest faite pour la chaîne de télévision ARD, les conservateurs emmenés par Angela Merkel sont crédités de 41 % des intentions de vote (-2), contre 34 % (+2) pour le parti du chancelier Gerhard Schröder. Les Verts sont à 7 % (inchangé), tandis que les libéraux du FDP remontent légèrement à 6,5 % (+0,5).

Or, la tenue du Linkspartei, nouvelle alliance de gauche créditée de 8,5 % des suffrages (-0,5), empêche aussi bien l'attelage CDU-CSU-FDP que la coalition rouge-verte de prétendre obtenir la majorité absolue au Bundestag. La droite n'obtiendrait que 47,5 % des sièges.

Les responsables du SPD ayant exclu tout accord avec le parti de gauche, composé d'anciens communistes et de déçus de la social-démocratie, l'hypothèse la plus probable est celle d'une coalition entre les deux principales formations du pays.

Fréquent à l'échelon régional, ce cas de figure ne s'est produit qu'une seule fois au niveau fédéral, sous le chancelier Kurt Georg Kiesinger en 1966-69, et se heurte aux fortes divergences entre les deux partis concernant la politique étrangère, la fiscalité et le droit du travail.

«Je n'aime pas envisager cela», a commenté le ministre de l'Économie, Wolfgang Clement, pourtant considéré comme l'un des dirigeants les plus centristes du SPD. «Nous n'avons aucun intérêt à former une grande coalition.»

Après avoir anticipé une victoire qui semblait promise aux conservateurs, les milieux financiers s'inquiètent pour leur part des nombreuses concessions qu'Angela Merkel, même élue à la chancellerie, pourrait être contrainte d'accorder aux sociaux-démocrates.

L'opinion publique semble en revanche plus favorable à ce type de gouvernement consensuel, à l'approche de débats aussi épineux que la réforme des retraites. Selon l'étude Infratest, 36 % des électeurs jugent que ce serait «la meilleure chose pour l'Allemagne», contre 29 % qui préfèrent une alliance de centre droite.


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