Programme « Pétrole contre nourriture » - L'ONU doit réviser ses mesures de contrôle financier

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Reuters , AFP
Édition du mercredi 07 septembre 2005

Mots clés : onu

Le rapport Volcker exonère Annan de toute malversation

New York -- L'ONU doit se doter d'importants moyens de contrôle financier si elle souhaite éviter que ne se reproduisent les «pratiques de corruption illicites et contraires à l'éthique» qui ont eu lieu dans le cadre du programme «Pétrole contre nourriture», a estimé la commission chargée d'enquêter sur les failles de ce programme. En conséquence des déficiences administratives constatées, le rapport de la commission réclame une réforme profonde et urgente au sommet de l'ONU.

Après un an de travail, cette commission indépendante a dévoilé hier quelques-unes de ses conclusions. Elle exonère de tout manquement à l'éthique le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, mais elle le rend responsable des déficiences de gestion constatées, en tant qu'administrateur.

Selon ce document, qui résume le rapport principal que la commission dirigée par Paul Volcker doit remettre aujourd'hui au Conseil de sécurité, les Nations unies ne sont pas préparées pour gérer des programmes de l'ampleur de «Pétrole contre nourriture» ou «même des programmes de moindre importance». «Il manquait un cadre adéquat de contrôle et d'audit», peut-on lire dans la préface du rapport, diffusée sur Internet. «Il y a des exemples de corruption au niveau de la direction comme au niveau du personnel sur le terrain.»

Le rapport Volcker est une analyse de l'enquête de l'ONU sur le programme qui a fonctionné entre 1996 et 2003 et qui devait permettre à l'ancien président irakien Saddam Hussein de vendre du pétrole, malgré l'embargo, pour pouvoir acheter des médicaments et de la nourriture pour une population irakienne durement éprouvée par les sanctions décidées en 1990.

À en croire les conclusions de la commission, un des problèmes majeurs du programme est que personne n'en était vraiment aux commandes. Pas plus le Conseil de sécurité, censé le superviser, que le secrétariat de l'ONU, les agences onusiennes ou l'Assemblée générale. Dès lors, les problèmes qui se posaient n'étaient pas traités, selon la commission.

Ces carences ont permis à Saddam Hussein d'exploiter le programme et de profiter de la «corruption généralisée» au sein d'entreprises privées, sur laquelle reviendra la commission dans un rapport prévu en octobre. Ces conclusions vont être rendues publiques à deux semaines du sommet de l'ONU sur les réformes à apporter au fonctionnement de cette institution.

Le programme «Pétrole contre nourriture» avait permis à l'Irak de vendre sous contrôle, de 1996 à 2003, des quantités limitées de pétrole et d'acheter en échange des biens pour sa population, pendant que le pays était soumis à un embargo international. Mais le gouvernement irakien avait perverti le système et plusieurs milliards de dollars avaient été détournés. Le scandale, révélé en janvier 2004, a terni l'image des Nations unies.

«L'enjeu est la capacité des Nations unies à répondre promptement et efficacement aux responsabilités que lui impose un monde turbulent et souvent violent», peut-on lire dans le rapport. «Ce sont précisément ces qualités qui ont trop souvent été absentes dans la gestion du programme ''Pétrole contre nourriture''.»

Malgré ces critiques, le rapport Volcker salue certaines réalisations positives du programme, qui s'est avéré vital pour 90 % de la population irakienne.


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