Au Québec, le prix de l'essence frôle 1,50 $

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

PC , AFP
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 septembre 2005

Mots clés :

Ottawa débloquera des réserves de pétrole

Hier, les ministres de la Justice de 30 des 50 États des États-Unis ont décidé d'ouvrir une vaste enquête sur la récente flambée des prix de l'essence dans tout le pays.

Photo: Agence Reuters

À Montréal, Québec, Trois-Rivières et Rimouski, notamment, l'essence se vend à plus de 1,47 $ dans plusieurs stations-service. Cela représente une augmentation de plus de 35 % en trois jours.

Les gouvernements fédéral et provinciaux refusent de limiter les hausses pour l'instant, malgré les demandes de groupes comme L'Essence à juste prix et la Fédération québécoise des municipalités. Ottawa compte cependant débloquer des réserves de pétrole supplémentaires pour aider à stabiliser les prix. Ottawa répondra donc à l'appel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Inquiète à l'idée que la crise pétrolière provoquée par l'ouragan Katrina aux États-Unis puisse s'étendre au reste du monde, l'AIE a coordonné hier un recours collectif aux stocks stratégiques des pays développés afin de calmer le marché.

Un tel recours ne s'était produit qu'une seule fois depuis 1974, date de création de cette agence chargée de veiller aux intérêts énergétiques de 26 pays industrialisés: lors du début de la guerre du Golfe en janvier 1991. Le directeur exécutif de l'Agence, Claude Mandil, a affirmé que cette décision était destinée à «éviter une pénurie». Il s'agit d'«éviter les queues aux stations-service», et pas seulement aux États-Unis, «partout», a-t-il ajouté.

«Les pays de l'AIE et la Commission européenne sont unanimement favorables à la mise à disposition du marché de deux millions de barils par jour (mbj) au cours d'une période initiale de 30 jours», selon le communiqué. «Les pays membres contribueront à cette action collective en mettant à disposition du marché leurs stocks d'urgence de pétrole afin d'aider à compenser la perte de 1,5 mbj de production pétrolière et deux mbj de perte de capacité de raffinage dus aux dommages laissés par le cyclone Katrina», précise le texte.

Les États-Unis vont contribuer à hauteur de 30 millions des barils, a annoncé le secrétaire à l'Énergie Samuel Bodman. La France a indiqué qu'elle fournirait 4,6 % du total, lequel s'éleverait, essentiellement sous forme de produits raffinés. L'Italie, l'Allemagne et la Belgique ont également offert d'entamer leurs réserves pétrolières.

«Bien que l'impact initial de la tempête ait été régional, les implications pour le marché pétrolier sont mondiales. Les membres de l'AIE agissent par solidarité avec les États-Unis en répondant à cette perte et en restaurant la confiance du marché pétrolier», poursuit-elle. Cette nouvelle, conjuguée à l'annonce de la remise en activité d'un des oléoducs et d'un des ports les plus importants du sud des États-Unis, a provoqué un net recul des cours du pétrole brut et de l'essence, le marché s'attendant désormais à l'envoi rapide d'essence en provenance d'Europe. À New York, le baril de brut a cloturé en baisse de 1,88 $US à 67,59 $US.

Par ailleurs, les ministres de la Justice de 30 des 50 États des États-Unis ont décidé d'ouvrir une vaste enquête sur la récente flambée des prix de l'essence dans tout le pays, a annoncé le ministre de la Justice du Michigan, Mike Cox. Les ministres ont lancé hier une enquête coordonnée sur l'évolution des prix de l'essence en remontant 30 jours avant le 27 août 2005, date de l'arrivée du cyclone Katrina sur le sud des États-Unis, a indiqué M. Cox dans un communiqué.

Les prix de l'essence ont bondi dans tout le pays depuis lundi, dépassant 3 $US le gallon (79 ¢US le litre) dans de nombreuses stations-service. À Atlanta, certains gérants de stations ont même affiché des prix dépassant 5 $US le gallon.

L'enquête lancée par les ministres de la Justice sera menée par une équipe d'avocats et se concentrera que des aspects tels que les prix du brut à l'entrée sur le territoire et les coûts du raffinage, selon le communiqué de Mike Cox. Le président George W. Bush a averti qu'il n'y aurait «aucune tolérance» pour ceux qui profiteraient de la situation actuelle de perturbation de la production et distribution de carburant pour s'enrichir frauduleusement.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com