Le SCRS nie avoir souhaité que Maher Arar reste en Syrie
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Ottawa -- Le directeur adjoint des services canadiens d'espionnage, Jack Hooper, nie avec vigueur que son agence souhaitait que Maher Arar demeure en Syrie plutôt qu'il soit libéré de prison et rentre chez lui au Canada.
M. Hooper a vu presque chacune de ses affirmations être contestée par Paul Cavalluzzo, avocat en chef de l'enquête.
M. Cavalluzzo a notamment fait remarquer que le SCRS:
- n'a jamais contacté directement les responsables des services syriens d'espionnage pour leur faire savoir que, contrairement à ce qu'ils pensaient, il souhaitait le retour au Canada de M. Arar;
- a conseillé à Wayne Easter, à l'époque ministre responsable de la police et des questions de sécurité, de ne pas se joindre au ministre des Affaires étrangères d'alors, Bill Graham, pour envoyer à Damas une lettre conjointe réclamant le rapatriement de M. Arar;
- s'est joint à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) afin d'insister sur le fait que, même s'il n'existait aucun élément de preuve solide jouant contre M. Arar, ce dernier demeurait une «personne d'intérêt» dans le cadre d'une enquête menée au Canada sur le terrorisme.
M. Hooper a reconnu chacun de ces faits. Il a cependant continué de maintenir que le SCRS n'avait jamais affirmé catégoriquement qu'il s'opposait à la remise en liberté et au retour au pays de Maher Arar.
«Vous n'avez pas besoin de dire que vous ne voulez pas qu'il revienne si vous ne faites part à votre ministre que de considérations négatives», a répliqué M. Cavalluzzo.
Maher Arar, ingénieur d'Ottawa, a été arrêté par les autorités américaines, en septembre 2002, lors d'une escale aérienne à New York, tandis qu'il rentrait de Tunisie au pays. Douze jours plus tard, les Américains, affirmant qu'il entretenait des liens avec l'organisation terroriste al-Qaïda, l'expulsaient en Syrie.
M. Arar affirme avoir, pendant sa détention en Syrie, été torturé au point de faire de fausses confessions au sujet d'activités terroristes.
La commission d'enquête mise sur pied à la suite de cette affaire vise à déterminer ce que les responsables canadiens auraient pu faire pour empêcher l'expulsion de M. Arar et s'ils ont fait suffisamment d'efforts pour qu'il puisse quitter Damas et rentrer au Canada.

