L'implantation d'Internet en classe se fait très lentement

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Clairandrée Cauchy
Édition du lundi 22 août 2005

Mots clés :

Véritables extensions virtuelles de la classe, les portails Internet s'implantent graduellement dans les commissions scolaires depuis trois ans.

Chaque élève et chaque enseignant se voient donner un nom d'utilisateur et un code qui leur permettent d'accéder à un site adapté à leurs besoins. Peu importe où l'on se connecte, on peut avoir accès à son courriel, à un site de clavardage (qui fonctionne généralement en présence de l'enseignant), à son agenda, aux directives des enseignants, à des signets de sites pertinents à la formation, à des banques d'articles des principaux quotidiens, etc. Les élèves y enregistrent leurs travaux, qui peuvent ensuite être récupérés par des coéquipiers ou par le professeur lorsque vient le temps de la correction.

L'implantation se fait cependant à un rythme assez lent. «Cela rejoint entre 2 et 10 % des écoles d'une commission scolaire. Cela peut paraître peu, mais les commissions scolaires n'arriveraient pas à offrir le support nécessaire pour que toutes leurs écoles se lancent sur le portail en même temps; elles font donc une pénétration graduelle», explique Pierre Delisle de la Société de Gestion des réseaux informatisés des commissions scolaires. L'outil développé par cette société financée en partie grâce à une contribution des commissions scolaires est distribué dans 25 commissions scolaires, qui versent une contribution supplémentaire pour utiliser le portail.

Trois commissions scolaires de la Rive-Nord et de Laval ont aussi uni leurs efforts pour développer leur propre portail, le Projet Mille, qui fonctionne au moyen de logiciels libres. «On essaie de développer des terminaux Linux avec de vieux appareils, pour être capables d'en mettre plus dans nos écoles», explique Claude Raymond, conseiller pédagogique à la Commission scolaire Seigneurie des Mille-Îles. Certains ordinateurs sont tellement désuets qu'ils ne peuvent plus supporter les applications commerciales récentes. On espère ainsi récupérer de nouveaux véhicules dans la flotte informatique des commissions scolaires.

«Avec le portail, on tente de développer le travail par communauté, avec des groupes de discussion», poursuit M. Raymond.

Parents réticents

Ce type d'approche ne va pas toujours sans heurt avec les parents, chez qui un voyant rouge s'allume parfois quand ils entendent le mot «clavardage». Lors de sa première rencontre avec les parents de sa classe de 6e année l'an dernier, Jocelyn Dion a été surpris de constater leur méfiance. «Plusieurs d'entre eux trouvaient que le clavardage n'avait pas sa place dans l'enseignement. Il a fallu mettre les choses au point», se rappelle M. Dion, qui s'est empressé de leur dire que le clavardage se faisait uniquement entre les élèves de la classe.

«Les parents voient plus Internet comme une source d'accès à de l'information illicite», poursuit l'enseignant qui animait l'an dernier un projet particulier d'apprentissage par l'ordinateur. Il note que l'éventail des sites accessibles aux élèves est restreint pour les plus jeunes et s'élargit d'année en année. En sixième année, ils ont accès à l'ensemble de la Toile, précise l'enseignant qui s'emploie à sensibiliser les jeunes quant aux différents contenus qu'on peut y trouver et leur explique comment en évaluer la fiabilité.

L'enseignant de l'école primaire Les Lucioles, sur la Rive-Nord, met Internet à profit pour différentes disciplines scolaires: quoi de mieux pour comprendre un plan cartésien que de chercher des coordonnées sur une carte informatisée, ou pour travailler le français et l'histoire que de réaliser une recherche sur les événements marquants du XXe siècle au moyen de sites Internet... Les travaux de ses élèves sont ensuite diffusés sur le Web.

«Il y a des projets que je n'aurais jamais pu faire avec tant d'envergure sans l'informatique», note l'enseignant, qui a été témoin d'un regain de motivation chez les élèves.

Bons coups

L'ex-directeur de l'école primaire privée l'Institut Saint-Joseph, Mario Asselin, s'anime lui aussi quand il parle des bons coups des jeunes sur Internet. Par exemple, un élève a publié l'an dernier sur le site de l'école une critique d'un livre fantastique (Amos D'Aragon), intitulée «mon roman préféré». Six jours plus tard, l'auteur du roman, Bryan Perro, est venu inscrire un commentaire à son tour. «C'était la première fois que les élèves disaient "c'est vrai que n'importe qui peut nous lire!". Cela rendait les jeunes avides de connaissances. Cela les a incités à vouloir écrire de mieux en mieux: ils savent qu'ils sont lus», raconte avec enthousiasme le directeur, soulignant que les élèves ont même commencé à publier des textes en dehors du cadre scolaire, pour le plaisir.

Sans vouloir faire de l'utilisation d'Internet un but en soi, il plaide vigoureusement pour que les écoles prennent le virage technologique: «La puissance de l'outil commande qu'on s'y intéresse!»


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com