Conversion d'uranium - L'AIEA critique l'Iran

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AP
Édition du vendredi 12 août 2005

Mots clés :

Mohamed el-Baradeï

Photo: Agence Reuters

Vienne -- Le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique a adopté hier une résolution exprimant sa «grave préoccupation» après la reprise par l'Iran de sa conversion d'uranium. Mais s'il exhorte Téhéran à stopper ces activités sensibles, il ne réclame pas pour l'heure des sanctions au Conseil de sécurité de l'ONU.

La résolution, soumise par la troïka européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne), précise que «d'importantes questions liées au programme nucléaire iranien doivent encore être résolues» et que «l'agence n'est pas encore en mesure de conclure à l'absence de matériaux ou d'activités nucléaires non déclarés en Iran».

Les gouverneurs de l'AIEA dénoncent le fait que l'Iran ait fait briser mercredi les scellés posés par l'agence onusienne sur le site de conversion d'uranium d'Ispahan, notant que cette décision «souligne qu'il est important de rectifier la situation [...] et de permettre d'autres discussions sur cette question».

Le texte rappelle toutefois qu'en 2004, l'AIEA avait constaté que «l'ensemble des matériaux nucléaires déclarés avaient été pris en compte et que ces types de matériaux n'avaient pas été détournés aux fins d'activités prohibées».

Il n'est pas question dans cette résolution d'une saisine du Conseil de sécurité des Nations unies. On en reste donc au rapport complet que le directeur de l'AIEA, Mohamed el-Baradeï, doit soumettre au conseil des gouverneurs d'ici le 3 septembre.

«Je ne vois qu'une seule façon de progresser et celle-ci passe par des négociations, a indiqué M. El-Baradeï. En fin de journée, il faut que je vois que la situation se normalise, que l'on avance sur la voie de l'entente et non de la confrontation.»

Téhéran exprime son «indignation»

L'Iran a immédiatement rejeté cette résolution en exprimant son indignation. «Il est évident que le but est d'imposer une pression, a dit Cyrus Nasseri, le chef de la délégation iranienne au siège de l'AIEA à Vienne. Heureusement, l'Iran ne cédera pas. L'Iran sera un producteur et un fournisseur de combustible nucléaire d'ici dix ans.»

«Il s'agit d'une résolution forte et consensuelle, comme les précédentes, a pour sa part observé le Foreign Office à Londres. Elle adresse un message clair à l'Iran sur ce qu'il doit faire. Nous croyons encore que, si l'Iran le souhaite, il est possible de progresser sans confrontation.»

Téhéran considère que le texte enfreint le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en voulant l'empêcher de mener ses activités de conversion et d'enrichissement de l'uranium -- dont les applications sont potentiellement militaires. «Tout ce que veut l'Iran, c'est de jouir du droit que lui confère le TNP, un droit dont le pays a été privé depuis plus de deux décennies», a encore fait valoir M. Nasseri.

Au cours de cette réunion du conseil des gouverneurs, la partie iranienne a assuré que son programme d'enrichissement de l'uranium restait suspendu. Malgré cette concession, le conseil a appelé l'Iran à cesser ses activités de conversion, étape précédant l'enrichissement dans le processus de production de combustible nucléaire.

«Il n'y a aucune urgence à mener des activités de conversion à ce stade», a poursuivi le directeur de l'agence onusienne.

Téhéran maintient que son programme nucléaire ne vise qu'à produire de l'électricité et non des armes atomiques, ce dont doutent ouvertement plusieurs pays membres de l'AIEA, à commencer par les États-Unis.


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