Rushdie appelle à une réforme de l'islam

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Reuters
Édition du vendredi 12 août 2005

Mots clés :

Londres -- L'écrivain britannique Salman Rushdie, condamné à mort en 1989 par une fatwa après la publication de son roman Les Versets sataniques, a appelé de ses voeux hier une réforme islamique capable de moderniser la religion et de la rendre plus attractive pour les jeunes.

Dans une tribune publiée par le journal Times, Rushdie estime que dans certaines villes, comme Leeds, dont étaient originaires trois des quatre auteurs des attentats du 7 juillet à Londres, les musulmans vivent dans «une quasi-ségrégation du reste de la population».

«À partir de tels mondes séparés et défensifs, certains jeunes ont de façon inexcusable traversé une ligne morale et endossé leurs sacs à dos mortels», écrit Rushdie.

Selon l'écrivain, l'islam a besoin d'être réformé dans son ensemble afin de mettre un terme à la séparation des musulmans du reste de la société.

«Nous avons besoin d'aller au-delà de la tradition -- rien de moins qu'un mouvement de réforme pour transposer dans la modernité les concepts qui sont au coeur de l'islam, une réforme musulmane capable de combattre non seulement les idéologues du Djihad mais aussi les séminaires poussiéreux et étouffants des traditionalistes, en ouvrant les fenêtres des communautés closes pour faire entrer l'air frais dont nous avons tant besoin», poursuit Rushdie dans le Times.

L'écrivain originaire de l'Inde appelle les musulmans à lire le Coran comme un document historique et le «produit d'un lieu et d'une époque» plutôt que comme un livre dont les enseignements seraient gravés dans le marbre. «Peu de musulmans ont été autorisés à étudier leur livre religieux de cette façon», affirme-t-il.

«La réforme islamique doit commencer par cela, en acceptant que toute idée, même la plus sacrée, doit s'adapter à des réalités nouvelles», poursuit Rushdie.

Le premier guide suprême de la Révolution islamique iranienne, l'ayatollah Khomeini, a promulgué en 1989 une fatwa appelant les musulmans à tuer l'auteur des Versets sataniques, jugés blasphématoires, obligeant Rushdie à se cacher jusqu'à la levée officielle de la fatwa, en 1998.

L'écrivain vit désormais ouvertement en Grande-Bretagne.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


[an error occurred while processing this directive]

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com