Nouvelle stratégie pour combattre le cancer du sein

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Frédérique Doyon
Édition du vendredi 05 août 2005

Mots clés :

Passer du Tamoxifène à l'Arimidex réduit les risques de récidive de 40%

Un traitement, c'est bien, mais deux qui se relaient, c'est encore mieux pour éviter les rechutes du cancer du sein. C'est la conclusion à laquelle arrivent deux études menées conjointement par des chercheurs allemands et autrichiens sur les risques de récidives chez les femmes ménopausées ayant un cancer du sein précoce.

Toujours efficace, le traitement au Tamoxifène, le seul utilisé pendant près de 25 ans après opération avec ou sans chimiothérapie, l'est encore davantage s'il est relayé par l'Arimidex au bout de deux ou trois ans.

«Échanger avec l'Arimidex après deux ou trois ans de traitement au Tamoxifène est mieux que continuer le Tamoxifène pendant cinq ans», confirme Dr Alain Robidoux, chirurgien-oncologue du Centre hospitalier de l'Université de Montréal et professeur titulaire de la chaire Scotia-Université de Montréal en diagnostique et traitement du cancer du sein. «Lorsqu'on applique ces stratégies, on peut espérer réduire la mortalité par cancer du sein», qui a déjà diminué de 25 % au cours des dix dernières années, en Amérique du Nord. Mais ce cancer demeure le plus fréquemment diagnostiqué chez les Canadiennes; 5200 en sont mortes en 2004 selon des statistiques récentes.

Avec cette nouvelle combinaison de traitements, les risques de récidive diminuent de 40 % et les chances de développer des métastases à distance -- dans les organes vitaux -- baissent de 39 %. L'étude portait sur 3224 patientes, suivies pendant 28 mois en moyenne. Ce remède s'applique aux types de cancer du sein les plus fréquents, contrairement à l'Herceptin, dont on a parlé récemment.

Côté effets secondaires, si les femmes ont plus tendance à faire des fractures des os et à souffrir de douleurs musculo-squelettiques, elles ont deux fois moins de chances de développer des cancers du sein et de l'utérus. «C'est une option de plus, souligne Huguette Martin, du Réseau québécois pour la santé du sein. C'est important pour nous [femmes victimes du cancer du sein] de sentir qu'on a le contrôle de notre vie, qu'on a un choix...»

Cette étude favorise à nouveau la famille des inhibiteurs de l'aromatase pour traiter le cancer du sein chez les femmes ménopausées. Ceux-ci empêchent la production d'oestrogènes contrairement au Tamoxifène, qui neutralise plutôt leur effet. Il existe trois types d'inhibiteurs sur le marché: le Femana, l'Aromasin et l'Arimidex. Les stratégies de traitement se multiplient depuis leur arrivée sur le marché.

Les récentes études ont donné tantôt l'avantage au Femana, tantôt à l'Arimidex, contre le Tamoxifène pour un traitement initial, immédiatement après l'opération. Le Femana a ensuite été déclaré la meilleure option comme prolongement de traitement après cinq ans de Tamoxifène. Car le Tamoxifène s'avère inefficace au-delà de cette période, or la moitié des récidives du cancer du sein se déclarent après. En mars 2004, une enquête publiée dans le New England Journal of Medicine révélait que passer du Tamoxifène à l'Aromasin réduit les risques de récidive de 32 %.

À partir d'ici, donc, commence la guerre des compagnies pharmaceutiques. «Je ne pourrais pas dire lequel [des inhibiteurs] est meilleur que l'autre, on n'a pas de données pour cela», indique Dr Robidoux. L'Arimidex est toutefois l'inhibiteur pour lequel on a le plus d'expérience et de recul. «Ça fait plus de temps qu'il est reconnu par Santé Canada.» Une étude est actuellement en cours pour déterminer laquelle des stratégies est la meilleure: un inhibiteur seul -- et si oui, lequel -- ou combiné au Tamoxifène?


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