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M. Landry

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Luc Sénéchal
Envoyé Le lundi 18 juillet 2005 15:00



Cher M. Landry,

Il semble bien qu'ils ne vous laisseront pas tranquille. Un peu comme De Gaulle, à un moment précis, vous avez tiré la ligne avec dignité. Vous avez parié et, au bout de la réflexion, vous avez fait votre choix. Un choix responsable. Vous auriez pu choisir une autre voie. Mais, les « purs et durs » de ce parti qui doute toujours de ses chefs vous ont lancé un message. Vous avez choisi de tirer votre révérence. Je vous comprend. J'aurai fait la même chose. Quand on est un vrai chef, il y a des choses qu'on ne peut tolérer.

Aujourd'hui, M. Sansfaçon du Devoir, vous propose de vous lancer à nouveau dans la course pour y mettre du piquant. Si vous aviez voulu le faire, cela aurait été facile quand madame Marois vous l'a proposé l'an dernier. Le faire aujourd'hui ce serait reconnaître qu'elle avait bien raison.

On vous dit que si vous perdez, ce ne sera pas grave, qu'un bon discours fera l'affaire et que vous ne diviserez pas les troupes si vous quittez pour toujours. Pourquoi quitter pour toujours dans la défaite alors que vous êtes déjà parti dans la gloire. Ce n'est pas l'éditorialiste qui aura l'air minable quand un homme politique suit un mauvais conseil.

On vous dit que vous seul pouvez amener le Québec à la souveraineté. C'est flatteur. Prenez le compliment en passant, ne posez pas de gestes impulsifs, réfléchissez. Vous avez gagné une course à la chefferie sans opposition, vous avez perdu des élections. Ce n'est pas déshonorant. Cependant, si vous acceptez le pari du Devoir, il vous faudra gagner cette course, gagner les prochaines élections, contre M. Couillard, et gagner le prochain référendum qu'on vous réclamera la semaine suivante de l'élection. Si vous tombez au premier obstacle, nous garderons un souvenir particulier de votre rôle dans l'histoire.

J'espère que je vous ai assez piqué, titillé l'orgueil pour que vous fassiez le saut. Ce serait un beau bordel dans le camp souverainiste.

Bonne chance et dites merci à M. Sansfaçon pour la profondeur de sa réflexion.

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